Le siège de la Banque africaine de développement (BAD) a abrité, ce mardi 17 février 2026, une séance de travail stratégique réunissant le président du Groupe de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, et les gouverneurs des banques centrales africaines. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique des consultations engagées autour de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), une initiative visant à repenser les mécanismes de financement du développement et à renforcer la mobilisation des capitaux en faveur du continent.
Une dynamique lancée à Johannesburg
La réunion d’Abidjan prolonge les discussions amorcées le 31 janvier 2026 à Johannesburg, en Afrique du Sud, lors d’un rendez-vous de haut niveau consacré à l’avenir du financement du développement africain. Initiée conjointement par le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana, et le président de la BAD, cette rencontre avait réuni des décideurs financiers majeurs autour d’une vision commune : bâtir une architecture financière plus cohérente et plus efficace pour l’Afrique.
Face aux difficultés persistantes des économies africaines à mobiliser des capitaux suffisants pour soutenir des investissements structurants, la NAFA se présente comme un cadre systémique de coordination. Son ambition est d’aligner les différentes sources de financement publiques, privées et multilatérales afin de favoriser une croissance inclusive et durable.
Transformer la perception du risque africain
Au cœur des discussions figure la nécessité de transformer la perception et la gestion du risque africain. Selon les promoteurs de la NAFA, l’enjeu consiste à passer d’une approche fragmentée des transactions à une architecture intégrée capable de canaliser des financements à long terme vers des projets structurants.
Lors de son intervention, Dr Sidi Ould Tah a insisté sur la nécessité d’un véritable changement de paradigme. L’objectif n’est plus seulement d’attirer des financements ponctuels, mais de créer un environnement financier capable de soutenir durablement les ambitions de développement du continent.
Vers une coordination renforcée des acteurs financiers
La séance de travail avec les gouverneurs des banques centrales marque une étape importante dans ce processus de concertation. En réunissant les principales autorités monétaires africaines, la BAD cherche à renforcer la coordination macrofinancière et à favoriser une meilleure intégration des politiques économiques régionales.
Alors que les besoins d’investissement de l’Afrique restent considérables, la NAFA apparaît comme une réponse structurante aux défis de financement du développement. Les prochaines consultations devraient permettre d’affiner les mécanismes opérationnels de cette architecture, avec l’ambition de poser les bases d’un système financier africain plus résilient, plus crédible et mieux adapté aux réalités du continent.