Le marché UMOA-Titres a confirmé, entre le 31 mars et le 3 avril 2026, une dynamique de forte liquidité, avec des soumissions atteignant 542,4 milliards de FCFA pour un montant mis en adjudication de 137,4 milliards. Au total, quatre États — Côte d’Ivoire, Mali, Bénin et Togo — ont mobilisé 148,4 milliards de FCFA, incluant les opérations de rachat anticipé du Mali, avec un taux de couverture global proche de 395 %.
Cette configuration confirme une tendance désormais structurelle : une demande largement excédentaire face à des Trésors publics qui maintiennent une discipline stricte dans leurs choix d’allocation. Le taux d’absorption s’est ainsi établi à 27,4 %, traduisant une sélection rigoureuse des offres et une gestion prudente des conditions de financement.
Les émissions ont été dominées par les obligations du Trésor, qui concentrent plus de 78 % des montants retenus, soit 115,95 milliards de FCFA, contre 32,4 milliards pour les bons à court terme. Cette orientation confirme la préférence des émetteurs pour des maturités plus longues, dans un contexte de maîtrise du risque de refinancement.
En Côte d’Ivoire, la forte demande s’est traduite par 233,4 milliards de FCFA de soumissions pour un objectif initial de 60 milliards. Le Trésor a retenu 66 milliards, avec une allocation majoritairement orientée vers les maturités longues. Les rendements des obligations à 5 ans se sont inscrits en légère baisse à 7,12 %, traduisant des conditions de financement relativement favorables.
Au Mali, l’opération s’est distinguée par une double approche combinant émission et rachat anticipé. Le pays a levé 18,1 milliards de FCFA sur des maturités de 3 et 5 ans, à des rendements respectifs de 8,16 % et 7,65 %, reflétant une prime de risque plus élevée. Parallèlement, un rachat de 9,3 milliards de FCFA de titres à courte échéance a été opéré, illustrant une gestion active du profil de la dette.
Le Bénin a enregistré le taux de couverture le plus élevé de la semaine, avec 160,9 milliards de FCFA de soumissions pour un objectif de 20 milliards, soit plus de 800 %. Malgré cet afflux de liquidités, le Trésor n’a retenu que 22 milliards, privilégiant une stricte discipline tarifaire sur les bons à très court terme.
Au Togo, l’émission a porté sur plusieurs maturités, avec une mobilisation totale de 33 milliards de FCFA pour un objectif de 30 milliards. Fait notable, l’intégralité des soumissions sur les bons à 364 jours a été rejetée, confirmant le refus du Trésor de s’endetter à court terme à des conditions jugées peu attractives. Les levées se sont concentrées sur les obligations, notamment à 3, 5 et 7 ans.
Dans l’ensemble, les écarts de rendement observés entre les États reflètent les perceptions différenciées du risque souverain au sein de l’Union. Les taux des obligations à 5 ans ont ainsi oscillé entre 7,12 % en Côte d’Ivoire et 7,65 % au Mali.
Pour la semaine du 6 au 10 avril, le marché devrait rester dynamique avec des émissions attendues de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso pour un montant global de 170 milliards de FCFA. Dans un contexte de liquidité abondante, la capacité des investisseurs à absorber ces volumes constituera un test supplémentaire pour la profondeur du marché primaire régional.