L’opérateur Orange entend accélérer son développement dans les services financiers numériques en Afrique. Dans le cadre de son nouveau plan stratégique, baptisé « Trust the Future », présenté le 8 avril 2026 à Casablanca, le groupe a annoncé viser 20 millions de nouveaux clients actifs pour Orange Money d’ici à 2028.
Cette ambition confirme la place désormais centrale du mobile money dans le modèle économique du groupe sur le continent. Longtemps perçu comme un service complémentaire, il est devenu un vecteur majeur de croissance, à la fois source de revenus supplémentaires et outil de fidélisation pour des millions d’utilisateurs.
En 2025, la zone Afrique et Moyen-Orient d’Orange a enregistré un chiffre d’affaires de 8,4 milliards d’euros, en hausse de 12,2 %, soit 918 millions d’euros de revenus additionnels. Dans cet ensemble, Orange Money a affiché une progression de 18 %, l’une des plus fortes du groupe. Les données mobiles (+18,6 %), le haut débit fixe (+18,4 %) et les services aux entreprises (+10,4 %) ont également contribué à cette dynamique.
Le groupe est présent à travers ce service dans dix-sept marchés africains ainsi qu’en Jordanie. Fin 2025, Orange Money revendiquait déjà 47 millions de clients actifs, sur près de 180 millions d’abonnés recensés dans la région Afrique et Moyen-Orient.
Au-delà du paiement et du transfert d’argent, Orange cherche à bâtir un écosystème plus large. Le service est désormais articulé avec Max it, lancée en 2023, qui regroupe services télécoms, opérations financières, commerce en ligne, règlement de factures et contenus numériques. L’opérateur y associe également Orange Bank Africa pour l’épargne et le crédit, ainsi qu’Orange Energies, dont les kits solaires peuvent être réglés par mensualités.
La stratégie s’appuie sur un contexte particulièrement favorable. Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne a connu au cours de la dernière décennie une progression rapide de l’inclusion financière, largement portée par les services de paiement mobile. Le continent demeure le principal marché mondial du secteur.
D’après la GSMA, environ 1 432 milliards de dollars ont transité par les comptes de mobile money en Afrique en 2025, soit une hausse de 27 % sur un an. Le continent a représenté près des deux tiers de la valeur mondiale des transactions et près des trois quarts du volume total.
Pour Orange, la marge de progression reste considérable. Le groupe souligne qu’une part importante de la population adulte africaine demeure non bancarisée. En visant de nouveaux usages – crédit, épargne, énergie, commerce ou services du quotidien –, l’opérateur espère capter cette demande encore insatisfaite et consolider sa place dans l’économie numérique africaine.