ONU : le grand oral des candidats à la succession d’António Guterres commence

par la rédaction
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Selon le calendrier arrêté, les auditions ont débuté le 21 avril avec Michelle Bachelet et Rafael Grossi. Ce 22 avril, ce sont Rebeca Grynspan et Macky Sall qui passent à leur tour ce grand oral. Chaque candidat dispose de trois heures face aux 193 États membres et à des représentants de la société civile.

Cette procédure, mise en place en 2016 pour davantage de transparence, ne constitue qu’une première étape. Car la décision finale revient largement au Conseil de sécurité des Nations unies, et surtout à ses cinq membres permanents dotés d’un droit de veto : les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France.

Parmi les débats en coulisses, plusieurs États souhaitent voir, pour la première fois, une femme diriger l’ONU. L’Amérique latine revendique également le poste au nom de l’alternance géographique, même si cette règle reste informelle.

Michelle Bachelet, 74 ans, figure politique chilienne de premier plan, a déjà dirigé son pays à deux reprises. Ancienne haute-commissaire aux droits de l’homme, elle met en avant son expérience face aux crises internationales et son engagement démocratique. Sa candidature est soutenue par le Mexique et le Brésil.

Rafael Grossi, diplomate argentin de 65 ans, s’est imposé sur la scène internationale à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Son mandat l’a placé au cœur de dossiers sensibles comme le nucléaire iranien ou la centrale ukrainienne de Zaporijjia. Il plaide pour un recentrage de l’ONU sur sa mission première : préserver la paix.

Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, dirige aujourd’hui la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Elle s’est illustrée dans la négociation de l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire. Elle insiste sur la nécessité de défendre le multilatéralisme face aux fractures du monde actuel.

Enfin, Macky Sall, 64 ans, est le seul candidat non latino-américain. L’ancien président du Sénégal défend une approche liant paix et développement, estimant qu’aucune stabilité durable n’est possible sans lutte contre la pauvreté, les inégalités et la vulnérabilité climatique. Sa candidature, portée par le Burundi, suscite toutefois des réserves au sein même du continent africain.

Au-delà des profils, le futur secrétaire général devra surtout relever un défi majeur : restaurer la confiance dans une ONU fragilisée par les conflits, les divisions géopolitiques et des finances sous tension.

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