Lutte contre les avoirs criminels : le Sénégal récupère plus de 50 milliards FCFA en cinq ans

par la rédaction
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Cinq ans après sa création, l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) dresse un bilan qui illustre la montée en puissance du dispositif sénégalais de lutte contre la criminalité économique et financière. Depuis son lancement, le 23 juillet 2021, l’institution a pris en charge plus de 5 000 biens issus de procédures pénales, représentant une valeur supérieure à 50 milliards de FCFA à fin mars 2026.

Selon les données relayées par L’Observateur, ces avoirs comprennent notamment plus de 13 milliards de FCFA de saisies bancaires, près de 21 milliards de FCFA de saisies immobilières et de cautionnements, ainsi que les recettes issues de la vente des biens confisqués. Comptes bancaires, immeubles, véhicules et équipements figurent parmi les actifs placés sous la gestion de l’Office.

Au-delà de la saisie des biens, l’ONRAC met l’accent sur leur valorisation afin d’éviter leur dépréciation durant les procédures judiciaires. En 2025, l’organisation de 19 ventes publiques aux enchères dans six régions du pays a permis de mobiliser 2,234 milliards de FCFA. Si la région de Kédougou a concentré la majorité des biens vendus, principalement issus de la lutte contre l’orpaillage clandestin, Dakar a généré l’essentiel des recettes grâce à la valeur plus élevée des actifs cédés.

Le directeur général de l’Office, le magistrat Mor Ndiaye, rappelle que la mission de l’institution dépasse le simple recouvrement. Elle consiste également à assurer une gestion rigoureuse des biens saisis, à préserver leur valeur, à les restituer lorsque la justice ne prononce pas leur confiscation définitive et, le cas échéant, à contribuer à l’indemnisation des victimes.

À l’occasion de cet anniversaire, les autorités ont annoncé une nouvelle phase de renforcement du dispositif. Représentant le ministre de la Justice, le secrétaire général Mamadou Diop a évoqué plusieurs réformes portant sur la modernisation du cadre juridique, la digitalisation des procédures, le renforcement des ressources humaines et une meilleure coordination entre les différentes administrations concernées.

Dans un contexte où les flux financiers illicites continuent de peser sur les économies africaines, le renforcement des mécanismes de recouvrement des avoirs criminels apparaît comme un levier majeur pour améliorer la gouvernance économique, renforcer la crédibilité du système judiciaire et consolider l’attractivité du Sénégal auprès des investisseurs.

RPM

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