Le Ministère des Finances du Cameroun a annoncé l’entrée en vigueur, à compter du 1er avril 2026, d’un dispositif rendant obligatoire le dédouanement électronique des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques importés. Cette mesure, mise en œuvre via la plateforme CAMCIS, s’inscrit dans le cadre de l’application de la loi de finances 2023 visant à lutter contre la contrebande et à restaurer des recettes douanières en forte baisse.
Désormais, tout appareil non déclaré et non dédouané verra son identifiant transmis aux opérateurs télécoms, qui seront tenus d’en bloquer l’accès au réseau local. À l’inverse, les terminaux déjà actifs avant cette date bénéficieront d’une amnistie fiscale et seront considérés comme régulièrement dédouanés. Les autorités précisent que cette réforme ne constitue ni une nouvelle taxe ni une hausse de la fiscalité existante, mais vise à améliorer le recouvrement des droits déjà en vigueur.
La déclaration, la liquidation et le paiement des droits et taxes devront être effectués en ligne par les importateurs ou leurs mandataires, tandis que les distributeurs agréés devront permettre aux consommateurs de vérifier le statut douanier des appareils avant achat. Les petites quantités de téléphones non dédouanés déjà présentes sur le territoire pourront, quant à elles, faire l’objet de procédures simplifiées de régularisation.
Cette réforme intervient dans un contexte de forte érosion des recettes douanières sur les terminaux mobiles. Selon les données de la Direction générale des Douanes, les revenus mensuels issus de ces équipements sont passés d’environ 2 milliards de FCFA dans les années 2000 à près de 100 millions de FCFA en 2025, sous l’effet de la montée de la contrebande et du développement de circuits d’importation informels.
Dans un marché où la téléphonie mobile a généré près de 829,9 milliards de FCFA de revenus en 2024, soit plus de 80 % du chiffre d’affaires du secteur des télécommunications, les autorités entendent faire de ce dispositif un levier de sécurisation des recettes publiques et de réduction durable du marché parallèle.