La question de l’éligibilité d’Ousmane Sonko reste liée à sa condamnation pour diffamation dans le différend qui l’opposait à Mame Mbaye Niang. En l’état actuel, cette situation compromet sa candidature à l’élection présidentielle de 2029. Les députés de Pastef, majoritaires à l’Assemblée nationale, passent à l’offensive avec le dépôt d’une proposition de loi visant à réviser le Code électoral, une initiative susceptible de clarifier et potentiellement sécuriser l’éligibilité du Premier ministre.
Porté par le président du groupe parlementaire, Ayib Daffé, le texte a été officiellement transmis le 02 avril au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, conformément aux procédures en vigueur. Il s’inscrit dans un contexte politique marqué par des incertitudes persistantes autour des conditions d’éligibilité à la magistrature suprême de leur leader Ousmane Sonko.
Au cœur de la réforme figurent les articles L29 et L30 du Code électoral. La proposition vise à exclure certaines infractions, notamment la diffamation et les délits de presse, des motifs d’inéligibilité. En revanche, les condamnations pour crimes demeureraient des causes d’exclusion automatique. Une évolution qui, en pratique, pourrait lever une partie des incertitudes juridiques entourant la situation de l’actuel chef du gouvernement.
La question de l’éligibilité d’Ousmane Sonko reste en effet au centre des tensions politiques. Malgré l’adoption d’une loi d’amnistie en 2024, sa condamnation pour diffamation dans le différend qui l’opposait à Mame Mbaye Niang continue d’alimenter les débats. Ses partisans estiment que cette condamnation ne saurait constituer un obstacle à une candidature future, tandis que certains juristes et acteurs politiques considèrent qu’elle pourrait encore produire des effets juridiques.
Au-delà de l’enjeu individuel, cette initiative parlementaire traduit une volonté plus large de redéfinir les règles du jeu électoral. Elle intervient également dans un contexte institutionnel particulier, marqué par une relative attente sur le front des réformes annoncées par l’exécutif.
Dans son discours du Nouvel An, le président Bassirou Diomaye Faye avait en effet évoqué plusieurs projets législatifs attendus au premier trimestre 2026. À ce stade, aucun texte gouvernemental n’a encore été soumis au Parlement. Une séquence qui illustre, selon les observateurs, une forme de « cohabitation douce » entre l’exécutif et la majorité parlementaire, dans un contexte de recomposition du paysage politique sénégalais.