La présidence ivoirienne a rendu public ce samedi 04 avril, le décret n°2026-84 du 4 mars 2026 fixant les attributions des membres du gouvernement. Ce texte, signé par le chef de l’État Alassane Ouattara, redéfinit le périmètre d’action des ministres et consacre une montée en puissance notable du vice-premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara.
Dans cette nouvelle architecture, ce dernier s’impose comme un acteur central de la coordination de l’action gouvernementale et de la stabilité institutionnelle. Le décret lui confère un rôle renforcé, bien au-delà d’une fonction protocolaire, en l’associant directement à l’animation et à la coordination du travail gouvernemental aux côtés du Premier ministre.
Le texte précise qu’il est appelé à suppléer le chef du gouvernement en cas d’absence ou d’empêchement, avec la possibilité de présider le Conseil de gouvernement. Cette disposition institutionnalise un véritable tandem exécutif, visant à assurer la continuité de l’action publique et à renforcer la réactivité décisionnelle.
Parallèlement, ses prérogatives sont consolidées dans le domaine régalien de la défense. Il exerce une autorité directe sur l’organisation et la gestion des forces armées, incluant le recrutement, la formation et le déploiement des composantes terrestres, aériennes, navales ainsi que de la gendarmerie nationale. Ses compétences s’étendent également à la justice militaire, conformément aux dispositions en vigueur.
Le ministère de la Défense voit par ailleurs son champ d’intervention élargi à la coordination de l’action de l’État en mer, ainsi qu’à la gestion de dispositifs sociaux dédiés aux forces armées, notamment les mécanismes de prévoyance et d’accompagnement des anciens combattants.
Dans un contexte régional marqué par des menaces sécuritaires persistantes, le décret renforce également son contrôle sur des structures stratégiques telles que l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme et le Centre de renseignement opérationnel anti-terroriste. Ce rattachement direct traduit une volonté de centralisation et d’efficacité dans la gestion des enjeux sécuritaires.
À travers cette réorganisation, les autorités ivoiriennes affichent une orientation claire vers une gouvernance axée sur la cohérence stratégique et l’efficacité opérationnelle. La place accordée au vice-Premier ministre dans ce dispositif illustre la priorité donnée aux questions de sécurité, de coordination et de pilotage de l’action publique dans l’agenda politique de 2026.