Côte d’Ivoire/SNEDAI : l’ex-DAF promet de rentrer pour « dire sa vérité »

par la rédaction
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Le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a fixé au 8 avril 2026 l’ouverture du procès concernant N’da Hivé Kouamé, ancien directeur administratif et financier (DAF) du groupe SNEDAI, poursuivi dans une affaire impliquant l’émission de chèques d’un montant total de 1,6 milliard de FCFA au profit d’une société considérée comme une structure écran, Porcelastone Group.

L’information a été rendue publique ce mercredi 4 mars 2026, dans une chronique judiciaire du journaliste ivoirien Fernand Dédeh consacrée aux audiences du PPEF.

Une demande de renvoi partiellement accordée

Lors de l’audience, l’avocat de la défense, Me Amani Kouamé, a indiqué au tribunal que deux avocats français s’étaient constitués pour défendre les intérêts de son client. Ces derniers avaient sollicité un renvoi d’au moins trois mois afin de préparer la défense. Le tribunal a toutefois rejeté cette demande et a accordé un délai plus court, fixant l’ouverture du procès dans un peu plus d’un mois. Selon Me Amani Kouamé, son client, actuellement hors du pays, a décidé de rentrer en Côte d’Ivoire pour présenter sa version des faits.

« N’da Hivé se trouvait hors du pays. Il a décidé de rentrer pour donner sa part de vérité. Il est maintenant question d’organiser son retour. Mon client a décidé de rentrer, quel qu’en soit le prix », a déclaré l’avocat à la barre.

Le parquet appelle au retour du prévenu

Du côté du ministère public, le procureur de la République a affirmé que le retour du prévenu serait souhaitable pour la manifestation de la vérité.

« S’il rentre, c’est chez lui, c’est dans son pays. Nous souhaitons qu’il revienne afin que la justice puisse établir ce qui s’est réellement passé », a indiqué le parquet.

Dans ce dossier, l’ex-DAF et plusieurs agents de SNEDAI sont poursuivis devant le PPEF pour des faits liés à des flux financiers jugés irréguliers. En l’absence de N’da Hivé Kouamé lors des précédents débats, la juridiction avait prononcé à son encontre une condamnation par défaut de sept ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 5,538 milliards de FCFA.

Selon le procureur, il demeure néanmoins dans son droit de se présenter devant la justice pour faire entendre sa version.

N’da Hivé Kouamé plaide sa version

Dans un entretien accordé récemment au média Financial Afrik, N’da Hivé Kouamé a affirmé vouloir revenir pour défendre son honneur et contester la version des faits qui lui est reprochée. L’ancien cadre du groupe SNEDAI se présente comme un « homme de chiffres » et affirme avoir exercé des fonctions essentiellement techniques liées à la production comptable et aux procédures internes.

Selon lui, l’affaire dépasse la responsabilité d’un individu et soulève des questions plus larges sur la gouvernance et les circuits de décision au sein de l’organisation. Il assure vouloir répondre devant la justice dans un cadre contradictoire, avec des preuves documentaires.

« Je ne demande qu’une chose : que la vérité soit examinée sur pièces et que l’on remonte la chaîne des responsabilités », a-t-il déclaré.

Le procès attendu en avril pourrait ainsi apporter de nouveaux éléments sur ce dossier sensible qui a suscité de nombreuses réactions dans les milieux économiques et judiciaires ivoiriens.

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