La Côte d’Ivoire confirme sa montée en puissance économique sur le continent africain. Selon les dernières données du Fonds monétaire international (FMI) pour l’année 2024, le pays se classe au troisième rang des économies les plus riches d’Afrique subsaharienne, hors États de moins de trois millions d’habitants, avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant estimé à 2 723 dollars, soit environ 1,36 million de FCFA.
Ce positionnement place la Côte d’Ivoire derrière Afrique du Sud (6 332 dollars par habitant) et Angola (3 054 dollars), tout en lui permettant de devancer plusieurs économies ouest-africaines. Une performance d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte où le pays ne dispose pas de ressources naturelles comparables à celles de ses principaux concurrents, notamment les importantes réserves minières sud-africaines ou la production pétrolière angolaise.
Selon le Cercle d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF), cette progression repose sur un choix stratégique assumé : celui de la transformation locale des matières premières agricoles. La Côte d’Ivoire traite désormais environ 80 % de son caoutchouc naturel, 70 % de son thon, 45 % de son cacao et 30 % de ses noix de cajou, contre à peine 6 % pour ces dernières en 2016. Cette montée en gamme industrielle permet au pays de capter davantage de valeur ajoutée et de se positionner progressivement parmi les économies les plus industrialisées du continent.
Les ambitions affichées sont à la hauteur de cette dynamique. Les autorités visent un taux de transformation de 100 % pour le cacao à l’horizon 2030 et de 50 % pour les noix de cajou dès 2027, traduisant une volonté claire de s’affranchir du modèle extractif classique pour privilégier un développement fondé sur l’industrialisation.
Parallèlement, les efforts engagés en matière de gouvernance contribuent à renforcer l’attractivité du pays. Classée 69e sur 180 pays par Transparency International en 2024, la Côte d’Ivoire se situe au même niveau que le Sénégal et le Bénin, devant le Ghana et même l’Afrique du Sud. Cette amélioration de la perception de la corruption constitue un signal positif pour les investisseurs et les partenaires internationaux.
Symbole de cette transformation économique, le projet de la Tour F à Abidjan, appelée à culminer à 404 mètres et à devenir l’un des plus hauts édifices du continent et du monde francophone, illustre l’ambition du pays de s’imposer comme un hub économique, mais aussi comme une vitrine architecturale et culturelle en Afrique.
Au croisement de l’industrialisation, de la stabilité macroéconomique et des réformes structurelles, la Côte d’Ivoire confirme ainsi sa trajectoire ascendante, consolidant son statut de locomotive économique en Afrique subsaharienne.