Le Sénégal et dix-neuf pays africains rejettent la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU

par la rédaction
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Coup de froid sur les ambitions internationales de Macky Sall. L’Union africaine a rejeté le projet de soutien à sa candidature à la tête de l’ONU, faute de consensus entre ses membres. Plus marquant encore, le Sénégal lui-même s’est désolidarisé de l’initiative, révélant une fracture diplomatique rare et fragilisant une ambition déjà mise à l’épreuve des rivalités africaines.

La tentative de Macky Sall d’obtenir le soutien africain pour sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies a subi un revers majeur, révélant des divisions au sein du continent ainsi qu’une rupture diplomatique inhabituelle avec son propre pays. L’Union africaine a confirmé ce vendredi 27 mars 2026 qu’un projet de décision visant à soutenir sa candidature n’avait pas été adopté après que 20 États membres ont formellement exprimé leur opposition, bloquant ainsi l’initiative malgré un soutien plus large.

Le rejet est intervenu dans le cadre de la « procédure silencieuse » de l’Union africaine, un mécanisme selon lequel les propositions sont adoptées en l’absence d’objection dans un délai déterminé. Dans ce cas précis, le seuil de consensus n’a pas été atteint, un groupe de pays ayant rompu le silence avant l’échéance. Bien que 34 États membres aient soutenu l’initiative, l’absence d’unanimité a suffi à bloquer le processus, illustrant les limites d’un soutien majoritaire dans la diplomatie continentale.

Plus remarquable encore, le Sénégal lui-même s’était déjà distancié de cette candidature. Dans une note verbale datée du 27 mars, la mission permanente du pays auprès de l’Union africaine a indiqué que Dakar « n’a, à aucun stade, endossé » cette candidature et n’a pas été associé à l’initiative. Le document précise également que le ministre des Affaires étrangères n’a pas été consulté, soulignant que le Sénégal ne saurait être considéré comme partie prenante du processus. Un tel désaveu public constitue une rupture avec les pratiques diplomatiques établies, où les États soutiennent généralement leurs anciens chefs d’État dans leurs ambitions internationales.

Cet épisode reflète les dynamiques politiques en mutation au Sénégal depuis la fin du mandat de Macky Sall en 2024. Les nouvelles autorités semblent déterminées à redéfinir leur posture diplomatique, quitte à prendre leurs distances avec l’héritage de l’ancien président sur la scène internationale. Ce repositionnement a des implications non seulement pour les ambitions personnelles de Macky Sall, mais aussi pour l’influence globale du Sénégal dans les institutions africaines et multilatérales.

La candidature avait pourtant semblé gagner en dynamique la veille, lorsque le Bureau de l’Assemblée de l’Union africaine avait salué les qualités de leadership de Macky Sall, mettant en avant son expérience, son pragmatisme et sa capacité à favoriser le consensus entre grandes puissances. Toutefois, cet élan initial s’est rapidement dissipé face aux divergences d’intérêts nationaux et aux calculs diplomatiques des États membres.

Malgré ce revers, la candidature continue d’être soutenue par le Burundi, dont le président assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Néanmoins, en l’absence d’un soutien formel du continent et face au désaveu de son propre pays, la capacité de Macky Sall à porter une candidature crédible apparaît de plus en plus incertaine.

La course à la succession de António Guterres, dont le mandat s’achève en décembre 2026, attire déjà plusieurs profils. Parmi eux figurent Rafael Grossi et Rebeca Grynspan, tandis que Michelle Bachelet a récemment perdu le soutien de son pays. Les auditions publiques doivent débuter le 20 avril, chaque candidat disposant de trois heures pour présenter sa vision devant les États membres des Nations unies.

Pour la diplomatie africaine, cet épisode met en lumière un défi récurrent : transformer le poids régional en influence globale unifiée. Pour Macky Sall, il souligne la difficulté de porter une candidature internationale sans soutien national ni consensus continental, deux piliers qui, à ce stade, lui font défaut.

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