La Banque ouest africaine de développement (BOAD) et la Société Financière Internationale (SFI) ont acté un renforcement de leur coopération en vue d’accélérer le financement de projets structurants au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Réunis le 1er avril au siège de la BOAD, les responsables des deux institutions ont échangé sur les moyens d’intensifier leurs opérations de cofinancement. Cette rencontre a rassemblé des équipes dirigeantes régionales et sectorielles autour d’un objectif central : mobiliser davantage de ressources, notamment via des instruments financiers innovants, pour répondre aux besoins des huit États membres de l’UEMOA.
La réunion coprésidée par Serge Ekué, président de la BOAD, et Ethiopis Tafara, vice-président de la SFI pour l’Afrique a permis de passer en revue plusieurs projets en cours de cofinancement et d’identifié des axes de coordination renforcée, notamment en matière de structuration de marchés, de soutien aux petites et moyennes entreprises agricoles et de financement du logement abordable.
Les discussions ont porté sur quatre secteurs jugés prioritaires : l’agriculture et la sécurité alimentaire, les infrastructures énergétiques – incluant les énergies renouvelables et le gaz –, la gestion des ressources en eau, ainsi que le logement abordable. Entre autres pistes envisagées, l’émission d’obligations durables adossées à la filière anacarde, présentée comme une initiative inédite susceptible de structurer les chaînes de valeur agricoles dans la région. Sur le plan financier, les deux institutions ont étudié la mise en place d’un mécanisme de financement croisé entre le franc CFA (XOF) et l’euro (EUR). Ce dispositif viserait à renforcer leur capacité d’intervention conjointe tout en réduisant les risques liés aux fluctuations de change, facilitant ainsi le montage de projets impliquant des partenaires internationaux.
La BOAD a également évalué les conditions de sa participation à l’initiative Global AgriConnect du Groupe de la Banque mondiale, dédiée au renforcement des chaînes de valeur agricoles dans les pays en développement. Les échanges ont notamment porté sur les modalités techniques d’adossement des instruments financiers aux filières locales, ainsi que sur l’intégration de critères de durabilité et d’impact social. Les modalités juridiques et financières des instruments envisagés restent à finaliser, mais les deux institutions ont convenu de poursuivre leurs travaux afin d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle des solutions étudiées.