Les niveaux de corruption demeurent préoccupants en Afrique, selon l’édition 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Transparency International. Malgré quelques performances notables, le continent reste la région où la perception de la corruption dans le secteur public est parmi les plus élevées au monde. Sur les 54 pays africains évalués, seuls quatre pays dépassent la barre des 50 points sur une échelle de 0 (corruption très élevée) à 100 (absence de corruption), confirmant la persistance de fragilités institutionnelles, de déficits de gouvernance et de faiblesses dans l’État de droit.
Les pays africains les mieux classés en 2025
Avec un score de 68 points, les Seychelles conservent leur statut de pays le moins corrompu d’Afrique en 2025. Elles sont suivies par le Cap-Vert (62 points), le Botswana (58 points) et le Rwanda (58 points). L’Île Maurice, qui figurait auparavant parmi les pays africains au-dessus de 50 points, enregistre cette année un score de 48 points, restant toutefois dans le peloton de tête continental.
Ces résultats confirment que des réformes soutenues en matière de gouvernance publique, de transparence budgétaire et de lutte contre l’impunité peuvent produire des effets durables, même dans des contextes régionaux complexes.
Un groupe intermédiaire dense et contrasté
Derrière les leaders africains, plusieurs pays se situent dans une zone intermédiaire, avec des scores compris entre 45 et 40 points. On y retrouve notamment la Namibie (46), le Sénégal (45), le Bénin (45) et Sao Tomé-et-Principe (45), ainsi que la Côte d’Ivoire et le Ghana (43 points chacun).
L’Afrique du Sud (41 points), le Burkina Faso et la Tanzanie (40 points), ainsi que le Maroc et la Tunisie (39 points) illustrent des trajectoires contrastées, où des avancées institutionnelles coexistent avec des défis persistants liés à la corruption administrative, politique ou judiciaire.
Les pays les plus en difficulté
À l’autre extrémité du classement, plusieurs pays africains affichent des scores très faibles, souvent en lien avec des situations de conflits, d’instabilité politique ou de faiblesse chronique des institutions. La Somalie et le Soudan du Sud ferment la marche avec 9 points chacun, confirmant leur statut de pays où la perception de la corruption est la plus élevée.
Ils sont précédés par la Libye et l’Érythrée (13 points), le Soudan (14 points) et la Guinée équatoriale (16 points). Ces pays concentrent des risques élevés en matière de gouvernance, de détournement de ressources publiques et de corruption systémique.
Une tendance continentale toujours préoccupante
Dans son analyse, Transparency International souligne que l’Afrique demeure l’une des régions les plus affectées par la corruption à l’échelle mondiale. La majorité des pays africains restent en dessous de la moyenne mondiale de l’IPC, qui s’établit à 43 points.
Cette situation met en évidence l’urgence de renforcer les institutions de contrôle, d’améliorer l’indépendance de la justice, de protéger les lanceurs d’alerte et de lutter plus efficacement contre la corruption dans les secteurs clés tels que la sécurité, les marchés publics, les ressources naturelles et les finances publiques.
Un contexte mondial toujours tendu
Au plan mondial, le Danemark conserve la première place de l’Indice avec 89 points, devant la Finlande (88) et Singapour (84). Plus globalement, Transparency International rappelle que plus des deux tiers des pays évalués dans le monde obtiennent un score inférieur à 50, ce qui signifie que la corruption reste un phénomène largement répandu, touchant près de 85 % de la population mondiale.