Le président camerounais Paul Biya a annoncé, dans la soirée du 10 février 2026, un « léger réajustement » du calendrier des élections législatives et municipales, à l’occasion de son traditionnel discours annuel à la jeunesse, prononcé à la veille de la 60e Fête de la Jeunesse. Cette déclaration intervient alors que la convocation du corps électoral était attendue début février 2026, après un premier report déjà décidé l’année précédente.
Initialement prévues en 2025, ces élections avaient été repoussées au début de 2026, prolongeant une situation institutionnelle inédite au Cameroun, où les mandats des députés et des conseillers municipaux arrivent progressivement à expiration. Ce nouveau décalage accentue l’incertitude politique, alors que les institutions locales et nationales fonctionnent désormais sur la base de mandats prorogés.
Dans cette allocution télévisée, l’une de ses rares apparitions publiques, le chef de l’État, âgé de près de 93 ans et réélu en octobre dernier, a justifié cette décision par « certaines contraintes impérieuses », tout en assurant du « respect des dispositions pertinentes des lois et, tout particulièrement, de la Loi fondamentale ».
Sans dévoiler de nouveau calendrier précis, le président a également évoqué plusieurs chantiers institutionnels en cours, notamment « le renouvellement, en préparation, des dirigeants des sociétés d’État » ainsi que « la formation du prochain gouvernement », très attendue par l’opinion publique. Ce remaniement avait été annoncé dès le 31 décembre 2025, sans qu’aucune nomination officielle n’ait encore été rendue publique.
Par ailleurs, le chef de l’État a souligné les difficultés économiques et sociales auxquelles fait face une grande partie de la jeunesse camerounaise, notamment le chômage et la précarité. Il a appelé les jeunes à la persévérance et à la confiance en leurs capacités, tout en les exhortant à se détourner « de la délinquance, de l’abus d’alcool, de l’usage des stupéfiants et de l’utilisation excessive des réseaux sociaux ».
Dans son discours, Paul Biya a également annoncé des mesures visant à renforcer la protection des jeunes filles contre les harcèlements et les abus, tout en promettant la poursuite des réformes destinées à améliorer le fonctionnement de l’État et à intensifier la lutte contre « la corruption et les détournements de deniers publics ». Il a enfin affirmé sa volonté de confier progressivement davantage de responsabilités aux jeunes, femmes et hommes, dans la gestion des affaires publiques.