Affaire SGCI : Plus de 6,2 milliards FCFA d’amendes requis contre les prévenus

par la rédaction
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Dix ans de prison ferme, des milliards de francs CFA d’amendes et des réquisitions d’une rare sévérité : au Pôle pénal économique et financier (PPEF) ce 24 février 2026, le parquet a requis de lourdes sanctions contre plusieurs prévenus dans l’affaire Société générale Côte d’Ivoire, rapporte le journaliste Fernand Dedeh. Le délibéré est attendu le 11 mars 2026.

Dans le cadre du procès lié à l’affaire SGCI, le parquet a estimé que les faits d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux reprochés à plusieurs prévenus étaient établis. À l’audience, le procureur de la République a insisté sur le rôle du PPEF, qu’il considère comme « la réponse au blanchiment des capitaux », justifiant ainsi la sévérité des réquisitions.

Dix ans de prison et près d’un milliard FCFA requis contre l’employée de banque

Au cœur du dossier se trouve dame O.S., employée chargée de la gestion de comptes sous saisie au sein de l’établissement bancaire. Selon les éléments présentés à la barre, elle aurait, durant cinq ans, procédé à des virements irréguliers à partir de ces comptes, notamment 196 millions FCFA vers son compagnon et 127 millions FCFA vers un ami. À son encontre, le parquet a requis dix ans de prison ferme ainsi que 967 millions FCFA d’amendes.

Face au tribunal, la prévenue aurait reconnu les faits sans difficulté. En guise de dernier mot, elle aurait simplement déclaré : « Je demande pardon ».

Des proches également visés par de lourdes réquisitions

Le ministère public a également requis dix ans de prison ferme et 980 millions FCFA d’amendes contre A.E., présenté comme son compagnon, ainsi que dix ans d’emprisonnement et 381 millions FCFA d’amendes contre l’ami ayant bénéficié des transferts.

L’affaire s’étend par ailleurs à d’autres protagonistes. Adou Kouadio Cyril et Bêchet Guy, actuellement en fuite selon le parquet, encourent vingt ans de prison ferme et 3,9 milliards FCFA d’amendes. Le premier aurait repris les mêmes pratiques après avoir succédé à O.S. dans le service, siphonnant près d’un milliard de FCFA avant de quitter le territoire. Un mandat d’arrêt aurait été émis à leur encontre.

Un prévenu relaxé et un verdict attendu

Tous les mis en cause ne sont toutefois pas exposés aux mêmes poursuites. L’enseignant N. Kouadio, présenté comme ayant été piégé après avoir retiré des chèques pour le compte d’un tiers, a bénéficié d’une réquisition d’arrêt des poursuites. Si le tribunal suit l’avis du parquet, il pourrait être totalement blanchi.

Avec un total de plus de 6,2 milliards FCFA d’amendes requis dans ce dossier, le procès SGCI illustre la volonté des autorités judiciaires de renforcer la lutte contre la délinquance financière. Le verdict, attendu le 11 mars 2026, devrait être scruté de près par le secteur bancaire et l’opinion publique, tant pour ses implications judiciaires que pour le signal envoyé en matière de gouvernance financière.

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