Ouverte le mercredi 25 février 2026, la première édition du Forum national du Conseil économique et social installe le débat sur le pouvoir d’achat. L’enjeu de ce rendez-vous est de faire converger performances macroéconomiques et réalité quotidienne des ménages béninois.
À mesure que les indicateurs macroéconomiques affichent des performances soutenues, une question s’impose dans le débat public béninois : la croissance améliore-t-elle concrètement la vie des ménages ? C’est autour de cette interrogation que s’est ouverte, mercredi 25 février 2026, la première édition du Forum national du Conseil économique et social du Bénin (FonaCes). Réunissant représentants de l’État, partenaires sociaux et opérateurs économiques, la rencontre ambitionne d’analyser le « panier citoyen » sous l’angle des circuits de distribution, des politiques de régulation et de la production locale.
L’objectif est d’identifier des leviers susceptibles d’atténuer la pression sur les prix et de renforcer la sécurité alimentaire. Pour le président du Ces, Conrad Gbaguidi, l’institution doit désormais fonctionner comme un capteur des réalités territoriales. Il a évoqué le décalage persistant entre « l’éclat de ses performances macroéconomiques globales et le ressenti microéconomique, c’est-à-dire le vécu quotidien dans la marmite des concitoyens ». Plaidant pour un renforcement des chaînes de valeur agricoles et industrielles, il a clamé : « Nous ne pourrons pas durablement protéger nos ménages si nous continuons de consommer ce que nous ne produisons pas ».
Assurer la pré et la post-législation
Au plan institutionnel, le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Joseph Djogbénou, a souligné l’évolution du rôle du Ces dans le processus normatif. « Vous êtes donc un pré-législateur. Mais au-delà, vous êtes un post-législateur », a-t-il affirmé, mettant en avant la capacité de l’institution à intervenir aussi bien dans l’élaboration que dans l’évaluation des politiques publiques.
Représentant l’exécutif, Abdoulaye Bio Tchané a reconnu que la lutte contre la vie chère suppose une coordination renforcée entre acteurs publics et privés. « La prospérité n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des citoyens », a-t-il déclaré, assurant que les recommandations issues du forum seront examinées avec attention. Au-delà des échanges, le FonaCes s’inscrit dans une dynamique appelée à se prolonger à travers les « Cafés du Ces », annoncés comme des espaces bimensuels de réflexion.
A noter que la communication inaugurale de cette 1ère édition : « De la croissance économique au panier citoyen : quels leviers pour améliorer durablement le pouvoir d’achat au Bénin », a été animée par l’économiste et ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou.