En prélude à la 14ᵉ Conférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, les ministres africains en charge du Commerce se sont réunis le 26 février 2026 à Maputo, capitale du Mozambique, afin d’harmoniser leurs positions et de parler d’une seule voix sur les grands enjeux du commerce international.
Cette rencontre stratégique vise à consolider une position africaine commune, dans un contexte où le continent cherche à renforcer son poids dans les négociations multilatérales. Les échanges ont porté sur des priorités jugées cruciales pour le développement de l’Afrique, notamment l’industrialisation et la diversification économique, la sécurité alimentaire, la transformation digitale, le traitement spécial et différencié en faveur des pays en développement, ainsi que le renforcement du commerce des services. Autant de leviers considérés comme essentiels pour améliorer la compétitivité des économies africaines et favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Les ministres ont également abordé la question des réformes de l’OMC, insistant sur la nécessité d’un processus inclusif, transparent et orienté vers le développement, afin que les règles du commerce mondial prennent davantage en compte les réalités des pays en développement.
Autre point majeur : la demande de statut d’observateur permanent de l’Union africaine auprès de l’OMC. Cette initiative vise à renforcer la coordination des positions africaines et à mieux intégrer les priorités de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) dans les discussions commerciales internationales.
Les chiffres rappellent l’ampleur des défis : l’Afrique ne représente que 3 % du commerce mondial, tandis que le commerce intra-africain demeure limité à 16 %. Cette réalité souligne l’urgence d’une intégration régionale accrue et d’une stratégie commerciale concertée.
Dans ce contexte, les ministres ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un système commercial multilatéral plus équilibré et plus favorable au développement du continent. À Maputo, le message est sans équivoque : pour peser davantage sur la scène internationale, l’Afrique entend désormais avancer unie.