La BOAD cède ses parts dans BOA Niger et BOA Bénin, reprises par le groupe Sonimex

par la rédaction
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La Banque Ouest-africaine de développement (BOAD) a officialisé son retrait du capital de BOA Niger et de BOA Bénin. L’annonce a été faite jeudi 16 avril 2026, lors de la présentation des résultats 2025 des six filiales cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) du groupe Bank of Africa (BOA).

Les participations cédées ont été reprises par Sonimex, acteur privé présent notamment dans le commerce et la production de matériaux. Cette opération s’inscrit dans la stratégie de recentrage engagée par la BOAD, qui précise toutefois que ce retrait capitalistique ne remet pas en cause ses relations de financement avec les entités concernées.

Au Niger, la banque de développement détenait environ 6,88 % du capital de BOA Niger. La recomposition de l’actionnariat intervient dans un contexte particulièrement délicat pour l’établissement. En 2025, la filiale a vu son résultat net chuter de 91,8 %, à 409 millions de francs CFA. Son total de bilan a reculé de 9,5 %, tandis que ses fonds propres ont diminué de 14,4 %.

Après l’opération, le capital de BOA Niger reste dominé par BOA West Africa, qui en conserve 59,06 %, devant les actionnaires privés et d’autres investisseurs minoritaires. L’entrée de Sonimex intervient donc dans une phase de fragilité financière où la capacité de redressement de la banque sera particulièrement observée.

Au Bénin, la transaction apparaît plus limitée en volume. La participation de la BOAD, évaluée à 2,34 %, a été reprise à l’identique par Sonimex. La structure du capital demeure largement dominée par BOA West Africa, avec 54,11 %, tandis que le flottant représente 43,6 %.

La situation opérationnelle de BOA Bénin contraste avec celle de sa voisine nigérienne. La filiale a enregistré en 2025 un bénéfice net de 20,1 milliards de francs CFA, en progression de 2,3 %, confirmant sa solidité dans un environnement bancaire régional plus exigeant.

Au-delà de ces deux transactions, le mouvement illustre une évolution plus large du secteur financier ouest-africain : le passage progressif d’un actionnariat institutionnel public vers des investisseurs privés régionaux, à mesure que les banques redéfinissent leurs équilibres de capital et leurs priorités de croissance.

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