Au Sénégal, un hommage national se prépare pour les 100 ans d’Abdoulaye Wade

par la rédaction
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Le Sénégal se prépare à célébrer, le 29 mai 2026, les cent ans de Abdoulaye Wade. Selon une correspondance officielle adressée à son entourage et aux responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme souhaite organiser un hommage national à la mesure de celui qui demeure l’une des figures majeures de l’histoire politique contemporaine du pays.

Dans ce courrier, l’ancien chef de l’État est présenté comme une « figure tutélaire du Sénégal contemporain ». Les autorités saluent en particulier son rôle dans la première alternance démocratique pacifique du pays, en 2000, lorsque son accession au pouvoir mit fin à quatre décennies de domination socialiste. Cet épisode demeure, dans la mémoire politique sénégalaise, un moment fondateur de consolidation démocratique.

Élu président en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade a dirigé le pays jusqu’en 2012. Son passage au pouvoir a laissé une empreinte durable, notamment à travers plusieurs projets d’envergure dans le domaine culturel et patrimonial. Le Monument de la Renaissance africaine, inauguré en 2010, s’est imposé malgré les controverses comme l’un des symboles visuels de Dakar. Le Musée des Civilisations noires, pensé sous sa présidence, ou encore le Grand Théâtre national, témoignent également de la place accordée à la culture dans son projet politique.

Le ministère souligne aussi les efforts budgétaires consentis à l’époque en faveur du livre, du cinéma et des arts visuels. Juriste de formation, Abdoulaye Wade a toujours défendu l’idée que le développement d’un pays ne pouvait se réduire aux seuls indicateurs économiques, mais devait intégrer la culture comme levier d’identité, de rayonnement et de cohésion nationale.

Son engagement dépassait le cadre sénégalais. Sur la scène continentale, il fut l’un des promoteurs du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), symbole de son ambition panafricaniste et de sa volonté d’inscrire l’Afrique dans les grands débats économiques internationaux.

Les modalités précises de la commémoration restent à définir. Les autorités évoquent une célébration « populaire et nationale », susceptible d’associer cérémonies officielles, colloques, expositions, publications et événements ouverts au public. Une concertation doit être engagée avec les proches de l’ancien président et les responsables de son parti.

Au-delà de l’hommage personnel, cette initiative porte une dimension politique. En honorant un ancien adversaire devenu figure patrimoniale, le pouvoir en place envoie un signal de continuité institutionnelle et d’apaisement. Dans un Sénégal souvent présenté comme une exception démocratique régionale, la mémoire des anciens dirigeants demeure un élément central du récit national.

Le 29 mai prochain, le pays aura ainsi les yeux tournés vers celui qui naquit à Kébémer il y a un siècle et dont le parcours, fait de longues années d’opposition, de conquête du pouvoir et de projets ambitieux, continue de marquer la vie publique sénégalaise.

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