CEMAC : la BEAC injecte 500 milliards FCFA, les banques n’en absorbent que 73 %

par la rédaction
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Le marché monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) envoie un signal de détente. Lors de son opération d’injection de liquidité du 14 avril 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a mis à disposition des banques commerciales une enveloppe de 500 milliards FCFA. Au final, seuls 365,2 milliards FCFA ont été captés, soit un taux de souscription de 73 %.

Les établissements concernés opèrent dans les six pays de la zone : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine. Les résultats publiés par l’institut d’émission montrent ainsi que la totalité de l’offre n’a pas trouvé preneur, malgré le relèvement récent du volume proposé.

Cette hausse de l’enveloppe intervient après plusieurs semaines marquées par un recours plus important des banques au refinancement de la banque centrale. Fin mars 2026, l’offre avait été portée à 400 milliards FCFA. Elle a ensuite été relevée à 500 milliards FCFA afin d’accompagner les besoins exprimés par les établissements de crédit.

Mais le niveau retenu semble, cette fois, supérieur à la demande réelle du marché. Pour plusieurs acteurs bancaires, le recours à la liquidité de la banque centrale intervient principalement lorsque les besoins de financement des clients dépassent les disponibilités immédiates en trésorerie. Une souscription partielle peut donc être interprétée comme le signe d’une pression plus limitée sur les ressources bancaires ou d’un rythme de distribution du crédit moins soutenu.

Le contraste apparaît davantage au regard des niveaux observés quelques mois plus tôt. À partir de septembre 2025, les besoins de liquidité avaient atteint 650 milliards FCFA dans la seconde moitié du mois, avant de progresser à 700 puis 800 milliards FCFA en octobre. Cette montée rapide avait conduit la BEAC à ajuster progressivement son offre pour répondre à la tension du marché.

L’évolution actuelle pourrait ainsi refléter un rééquilibrage progressif des conditions de liquidité dans la zone Cemac. Elle sera suivie de près par les opérateurs financiers, alors que la dynamique du crédit demeure un indicateur central de l’activité économique régionale.

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