Macky Sall a défendu ce lundi 20 avril son action à la tête du Sénégal lors d’une audition organisée aux États-Unis dans le cadre de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Interrogé sur les violences politiques survenues entre 2021 et 2024, l’ancien chef de l’État a livré sa lecture des événements et justifié les décisions prises par son administration.
Face à des représentants de la société civile, Macky Sall a estimé que cette période avait été marquée par des tensions inédites. Selon lui, certains acteurs ont cherché à profiter du contexte politique pour accéder au pouvoir par la violence. Il a affirmé qu’en tant que garant des institutions, il ne pouvait accepter une remise en cause de l’ordre républicain.
Dans son intervention, l’ancien président a évoqué plusieurs faits survenus durant ces années de crise : incendies de domiciles, dégradations de sièges de médias, menaces contre des magistrats, responsables politiques et membres du gouvernement. Il a également cité la destruction de chantiers liés au Train Express Régional et au Bus Rapid Transit, ainsi que des actes de vandalisme à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Macky Sall a aussi mentionné des attaques contre des transports publics, qu’il a qualifiées d’actions terroristes, rappelant qu’elles avaient causé des pertes en vies humaines. Dans ce contexte, il a estimé que la stabilité des institutions était menacée, ce qui, selon lui, justifiait l’intervention de l’État et la saisine de la justice.
Interrogé sur la loi d’amnistie adoptée à la fin de son mandat, l’ancien président a présenté ce texte comme un choix d’apaisement. Il a expliqué avoir privilégié la réconciliation nationale afin d’éviter de transmettre un pays durablement divisé à ses successeurs.
Selon lui, cette mesure a permis la libération de plusieurs personnes détenues dans le cadre des troubles politiques et a facilité la tenue d’une élection présidentielle apaisée. Ce scrutin a conduit à l’arrivée au pouvoir du Pastef, à l’issue d’une alternance validée par les urnes.
Pour Macky Sall, cette transition politique confirme la solidité institutionnelle du Sénégal et la maturité de sa démocratie. L’ancien chef de l’État a conclu en rappelant que, selon lui, le pouvoir se conquiert par les élections et non dans la rue.