Le rachat de Société Générale Cameroun par l’État camerounais entre dans sa phase finale. Selon les informations publiées par L’Economie, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a officiellement approuvé l’opération de transfert de contrôle de la filiale locale du groupe bancaire français vers les pouvoirs publics camerounais.
Cette validation réglementaire constitue une étape majeure dans un processus engagé depuis juillet 2025, date à laquelle Société Générale avait annoncé la cession de sa participation majoritaire de 58,08% dans sa filiale camerounaise. Avec cette transaction, l’État du Cameroun, déjà présent au capital, porterait sa participation à 83,68%, devenant ainsi actionnaire largement dominant de l’établissement.
Au-delà du simple changement d’actionnariat, cette opération traduit une recomposition progressive du secteur bancaire en Afrique centrale, marquée par le retrait de certains groupes internationaux et la montée en puissance des États ainsi que des investisseurs régionaux. Pour Yaoundé, il s’agit également de sécuriser un actif stratégique dans le financement de l’économie nationale, à un moment où les besoins en crédit des entreprises et en accompagnement des politiques publiques restent élevés.
La reprise de Société Générale Cameroun intervient dans un environnement bancaire sous surveillance accrue, où les exigences prudentielles, la solidité financière et la capacité à financer durablement l’économie réelle deviennent des priorités pour les régulateurs de la zone CEMAC.
Reste désormais l’enjeu de l’après-transaction. Le succès de cette nationalisation dépendra de la gouvernance mise en place, de la préservation des performances commerciales de la banque, ainsi que de sa capacité à maintenir la confiance des clients, des partenaires et des marchés. Dans un secteur fortement concurrentiel, la transition devra conjuguer continuité opérationnelle et ambition stratégique.