Entre Paris et Libreville, Ali Bongo prépare sa contre-offensive

par la rédaction
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Depuis son exil parisien, Ali Bongo Ondimba refuse de disparaître du paysage politique gabonais. Déchu du pouvoir à la suite du coup d’État d’août 2023 mené par Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancien chef de l’État concentre désormais ses efforts sur une autre bataille : la reconquête du Parti démocratique gabonais (PDG), fondé en 1968 par son père, Omar Bongo Ondimba.

Longtemps donné en retrait en raison de son état de santé, fragilisé depuis l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime en 2018, Ali Bongo montre pourtant des signes de réengagement politique. Depuis son appartement de l’avenue Foch, à Paris, il reçoit régulièrement ses proches et anciens collaborateurs, parmi lesquels Ali Akbar Onanga Y’Obegue, resté l’un de ses soutiens les plus actifs.

Le conflit porte sur la direction actuelle du PDG, assurée par Blaise Louembe et Angélique Ngoma. Le camp Bongo conteste leur légitimité et dénonce une prise de contrôle jugée contraire aux statuts du parti. Après une mise en demeure restée sans réponse au mois de mars, les proches de l’ancien président ont choisi de saisir la justice.

« Juridiquement, Ali Bongo est toujours le président du PDG », soutient Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Selon les partisans de l’ancien chef de l’État, la procédure de « déchéance » invoquée pour l’écarter n’existe pas dans les textes du parti. Ils estiment qu’aucune démission formelle n’a été actée et que les règles internes n’ont pas été respectées.

Cette bataille intervient dans un contexte de recomposition du paysage politique gabonais. Une médiation menée en juillet 2025 par Denis Sassou Nguesso aurait tenté de favoriser un rapprochement entre le PDG et le pouvoir en place. Mais selon plusieurs sources concordantes, cette option aurait été rejetée par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.

Désormais, les proches d’Ali Bongo assument clairement leur positionnement dans l’opposition. Ils affirment néanmoins que l’ancien président ne nourrit plus d’ambition électorale personnelle. Selon son entourage, il chercherait davantage à peser sur la restructuration du parti et à transmettre son expérience à une nouvelle génération de responsables politiques.

FED

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