RDC : le GAFI ouvre la voie à une sortie de la liste grise, sous réserve d’une mission de vérification

par la rédaction
0 commentaires

La République démocratique du Congo (RDC) se rapproche d’une étape déterminante dans son processus de renforcement de la gouvernance financière. À l’issue de sa session plénière tenue du 17 au 19 juin 2026 à Paris, le Groupe d’action financière (GAFI) a estimé que le pays avait « substantiellement achevé » le plan d’action adopté après son inscription, en octobre 2022, sur la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Une avancée qui ouvre la perspective d’un retrait de la liste grise, sous réserve d’une mission d’évaluation sur place destinée à confirmer l’application effective des réformes engagées.

Dans son communiqué publié le 19 juin 2026, le GAFI indique que la République démocratique du Congo remplit désormais les conditions requises pour passer à la phase suivante du processus. L’organisation internationale précise qu’une mission de vérification devra constater que les mesures mises en œuvre en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération produisent des effets durables et que l’engagement politique des autorités demeure pleinement effectif.

Depuis son inscription sur la liste grise, Kinshasa a engagé un vaste programme de réformes destiné à répondre aux exigences du GAFI. Selon l’organisation, les autorités congolaises ont finalisé leur Évaluation nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, adopté une stratégie nationale dédiée, désigné les autorités de supervision compétentes pour les entreprises et professions non financières désignées et mis en place un dispositif de supervision fondé sur les risques.

Le GAFI souligne également les progrès enregistrés dans le renforcement des capacités de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), désormais mieux outillée pour conduire des analyses opérationnelles et stratégiques. Les capacités des autorités chargées des enquêtes et des poursuites en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ont également été consolidées, tandis que le dispositif relatif aux sanctions financières ciblées contre le terrorisme et le financement de la prolifération est désormais pleinement opérationnel.

La sortie de la liste grise n’est toutefois pas encore acquise. Conformément à ses procédures, le GAFI devra effectuer une mission d’évaluation sur place afin de vérifier la mise en œuvre concrète et la pérennité des réformes. Cette étape constitue le dernier préalable avant une décision officielle de retrait de la République démocratique du Congo de la liste des juridictions sous surveillance renforcée.

Dans son communiqué, l’organisation précise que cette mission sera organisée lorsque les conditions sanitaires permettront son déroulement dans un environnement sécurisé. Le GAFI indique qu’il continue de suivre l’évolution de la situation sanitaire en République démocratique du Congo avant de fixer la date de cette visite. L’institution ne fait toutefois aucune référence explicite à l’épidémie d’Ebola, contrairement à certaines informations relayées dans plusieurs médias.

Au-delà de l’aspect réglementaire, les enjeux économiques sont considérables pour la République démocratique du Congo. Une sortie de la liste grise contribuerait à améliorer la perception du risque-pays auprès des investisseurs internationaux, à renforcer les relations de correspondance bancaire, à alléger certaines exigences de conformité imposées par les établissements financiers étrangers et à faciliter les flux financiers transfrontaliers.

Dans un contexte où la mobilisation des investissements privés constitue un levier essentiel du développement économique, cette évolution renforcerait également l’attractivité de la RDC auprès des partenaires techniques et financiers. Après près de quatre années d’efforts institutionnels et réglementaires, le pays semble ainsi avoir franchi l’étape la plus exigeante du processus engagé avec le GAFI. Le verdict final dépendra désormais des conclusions de la mission d’évaluation sur place, ultime étape avant une éventuelle sortie officielle de la liste grise.

RPM

Vous aimerez aussi

Laisser un Commentaire