Liste GAFI : L’Algérie retirée de la liste grise, une étape décisive pour la crédibilité financière du pays

par la rédaction
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L’Algérie n’est plus sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI). Réuni le 19 juin à Paris, au siège de l’OCDE, l’organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme a officiellement décidé de retirer le pays de sa « liste grise », moins de deux ans après son inscription en octobre 2024. Une décision qui marque l’aboutissement d’un vaste chantier de réformes engagé par les autorités algériennes pour répondre aux exigences des standards internationaux.

Créé en 1989 lors du sommet du G7 à Paris, le GAFI est devenu la référence mondiale en matière de lutte contre les flux financiers illicites. Ses recommandations servent aujourd’hui de cadre à près de 200 juridictions à travers le monde. Son système de surveillance repose notamment sur l’identification des pays présentant des insuffisances dans leurs dispositifs de prévention et de répression du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. L’inscription sur la liste grise expose ainsi les États concernés à une vigilance accrue des partenaires financiers et des investisseurs internationaux.

Pour Alger, l’enjeu dépassait largement le cadre réglementaire. Dès son placement sur cette liste, les autorités ont engagé un plan d’action impliquant plusieurs institutions nationales afin de corriger les défaillances relevées. L’objectif était autant de renforcer l’efficacité du dispositif national que de préserver l’image du pays auprès des acteurs économiques internationaux.

Cette mobilisation s’est traduite par une série de réformes législatives et réglementaires. Les autorités ont notamment renforcé le cadre juridique relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les mécanismes de contrôle, de supervision et de sanction ont été consolidés afin de répondre aux exigences formulées par le GAFI. Dans le même temps, le dispositif encadrant le registre public des bénéficiaires effectifs a été revu pour élargir son champ d’application à différentes catégories d’entités, notamment les sociétés, les associations, les organisations non gouvernementales et les biens wakfs, avec des obligations déclaratives renforcées.

Le secteur financier a également été placé au cœur de cette stratégie. La Banque d’Algérie a publié une évaluation sectorielle des risques liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme dans le secteur bancaire et au sein d’Algérie Poste. De son côté, le ministère des Finances a intensifié les contrôles auprès de plusieurs professions exposées aux risques financiers, notamment les notaires, les experts-comptables et les commissaires aux comptes.

L’ensemble de ces mesures a été salué par le GAFI, qui a reconnu les efforts accomplis par les institutions algériennes ainsi que la volonté politique affichée pour se conformer aux normes internationales. Cette reconnaissance constitue un signal important pour les marchés et les partenaires financiers étrangers. La sortie de la liste grise devrait contribuer à améliorer la perception du risque associé à l’économie algérienne, faciliter les relations avec les établissements financiers internationaux et renforcer la fluidité des transactions commerciales des entreprises opérant à l’international.

Au-delà de la décision du GAFI, l’enjeu pour l’Algérie réside désormais dans la pérennisation des réformes engagées. Car si la sortie de la liste grise constitue une reconnaissance des progrès réalisés, elle traduit surtout l’engagement du pays à inscrire durablement la transparence financière, la lutte contre les flux illicites et la conformité aux standards internationaux au cœur de sa stratégie économique. Un engagement dont les effets seront particulièrement observés par les investisseurs et les partenaires internationaux dans les années à venir.

RPM

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