Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités sénégalaises poursuivent leurs échanges dans la perspective d’un nouveau programme de coopération économique. À l’issue d’une mission effectuée à Dakar du 15 au 19 juin, l’institution financière internationale a salué les efforts engagés par le gouvernement pour renforcer la gouvernance budgétaire et corriger les insuffisances mises en évidence par les précédentes erreurs de déclaration des données macroéconomiques.
Conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, la délégation a évalué l’évolution de la situation macroéconomique du pays ainsi que les perspectives à court et moyen termes. Les discussions ont également porté sur les réformes envisagées par les autorités afin de répondre aux défis budgétaires, financiers et institutionnels auxquels l’économie sénégalaise demeure confrontée.
Selon le FMI, l’économie du Sénégal a affiché une croissance de 6,7 % en 2025, soutenue principalement par l’essor du secteur des hydrocarbures. Les exportations pétrolières ont contribué à la réduction du déficit du compte courant, tandis que les mesures de rationalisation des dépenses publiques ont permis de ramener le déficit budgétaire global de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % du PIB en 2025.
Malgré ces avancées, l’institution de Bretton Woods estime que les vulnérabilités budgétaires et les risques liés à l’endettement demeurent élevés. Le FMI souligne notamment que la hausse des prix mondiaux du pétrole observée depuis le début du conflit au Moyen-Orient pourrait accroître les pressions sur les finances publiques sénégalaises, en raison du poids des mécanismes de subvention. À cela s’ajoutent les incertitudes liées à l’environnement économique international et au durcissement des conditions de financement sur les marchés.
Les échanges entre les deux parties ont également porté sur les besoins de financement du Sénégal pour le reste de l’année, les mesures destinées à renforcer la protection sociale, ainsi que les réformes susceptibles de soutenir la croissance et d’améliorer la gouvernance publique. Le FMI a notamment salué les initiatives engagées pour renforcer la gestion des finances publiques, accroître la transparence budgétaire et unifier les fonctions de gestion de la dette.
Les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur intérêt pour la mise en place d’un nouveau programme soutenu par le Fonds. Dans ce contexte, les services du FMI ont indiqué qu’ils poursuivront le dialogue avec Dakar afin d’identifier les réformes pouvant être accompagnées dans le cadre d’un futur accord. Parmi les priorités évoquées figurent la consolidation budgétaire, la réduction des vulnérabilités liées à la dette, l’amélioration de la gouvernance économique et la promotion d’une croissance plus inclusive.
Cette mission intervient dans un contexte particulier pour le Sénégal, qui totalise désormais 26 mois sans décaissement du FMI. La suspension du précédent programme était intervenue à la suite des révélations concernant une dette non déclarée estimée à 7 milliards de dollars ainsi que des irrégularités relevées dans certaines données macroéconomiques. La poursuite des discussions entre Dakar et l’institution financière internationale constitue désormais une étape déterminante dans le processus de normalisation des relations financières entre les deux parties et dans la recherche de nouveaux appuis pour accompagner les ambitions économiques du pays.
RPM