La Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a retiré les agréments de deux établissements financiers, ZEYNA au Niger et la Société burkinabè de Crédit Automobile (SOBCA) au Burkina Faso, avant d’ordonner leur mise en liquidation. Rendues publiques dans un communiqué de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ces décisions ont été prises lors de la 152ᵉ session du Collège de supervision, tenue les 17 et 18 mars 2026.
S’agissant de ZEYNA, la Commission bancaire indique qu’après avoir entendu les dirigeants de l’établissement, elle a prononcé le retrait de son agrément en raison de manquements graves à la réglementation bancaire de l’Union. Les constats portent notamment sur une infraction généralisée aux règles prudentielles ainsi qu’aux obligations relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
L’autorité de supervision reproche également à l’établissement l’exercice d’activités dans d’autres États membres de l’Union sans autorisation préalable, le non-respect des exigences en matière de reporting, notamment comptable et prudentiel, des insuffisances dans la gestion ainsi qu’une absence de perspective viable de redressement. Au regard de ces éléments, la Commission bancaire a décidé du retrait de l’agrément de ZEYNA, entraînant automatiquement sa mise en liquidation.
Une décision similaire a été prise à l’encontre de la Société Burkinabè de Crédit Automobile (SOBCA). La Commission bancaire a clôturé la procédure disciplinaire engagée contre cet établissement en prononçant le retrait de son agrément.
Selon les conclusions du Collège de supervision, la SOBCA présentait une infraction quasi généralisée à la réglementation prudentielle. L’établissement n’avait par ailleurs pas respecté les injonctions formulées par l’Autorité communautaire de supervision depuis 2022 et ne présentait aucune perspective crédible de redressement. En conséquence, son retrait d’agrément s’accompagne également de sa mise en liquidation.
Ces décisions illustrent le niveau d’exigence désormais appliqué par la Commission bancaire de l’UMOA en matière de gouvernance, de conformité réglementaire et de solidité financière des établissements placés sous sa supervision. Elles traduisent également la volonté de l’autorité communautaire de préserver la stabilité du système financier régional en sanctionnant les établissements dont les défaillances compromettent le respect des normes prudentielles et la protection des déposants.
Dans un environnement marqué par le renforcement des exigences internationales en matière de supervision bancaire et de lutte contre le blanchiment de capitaux, ces retraits d’agrément rappellent que le maintien de l’autorisation d’exercer est désormais étroitement lié à la capacité des établissements financiers à respecter durablement les règles prudentielles, les obligations de conformité et les exigences de gouvernance imposées au sein de l’UMOA.
RPM