De 8 000 candidatures à un seul lauréat. L’histoire pourrait sembler écrite pour un scénario inspirant. Pourtant, pour Ange-Marie Nicodème Esse, tout commence par un simple email.
L’email qui change tout
« Your submission has successfully passed the pre-vetting round… »
Dans sa boîte mail, ce message marque la première étape d’un parcours aussi exigeant qu’inattendu. Plus de 8 000 candidats à travers le monde. Seuls 300 retenus. Son initiative figure dans la sélection.
Puis vient un second message :
« Just 18 submissions, including yours, have been chosen… »
De 300 à 18 finalistes mondiaux. Ange-Marie se hisse dans le Top 10 de la catégorie Youth Action. À ce stade, ce n’est plus seulement une trajectoire personnelle. C’est une vitrine pour le Bénin, pour l’Afrique, pour une jeunesse qui refuse de rester spectatrice.
Enfin, le message décisif tombe :
« Congratulations… You are selected as a winner – Youth Action, Peace Award. »
Le 15 février, au Royaume de Bahreïn, il reçoit le prestigieux King Hamad Award for Youth Empowerment to Achieve the SDGs. Une reconnaissance internationale qui récompense son engagement à travers la Health Access Initiative (HAI), organisation qu’il a cofondée.
HAI : l’engagement au plus près des communautés
Depuis plus de huit ans, Ange-Marie Nicodème Esse œuvre à la conception et à la mise en œuvre de programmes de santé communautaire au Bénin. Avec HAI, il pilote des initiatives centrées sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), la santé sexuelle et reproductive, la justice communautaire et l’autonomisation des jeunes.
Son approche repose sur trois piliers : impact mesurable, appropriation locale et redevabilité. En clair, pas de projets « vitrine », mais des actions qui changent réellement la vie des communautés.
Il intervient à l’interface entre action de terrain, renforcement des capacités et plaidoyer institutionnel. Inclusion, intégrité, durabilité : ces mots ne sont pas des slogans, mais une ligne de conduite.
Une formation solide, au service de l’impact
Avant les distinctions internationales, il y a le travail académique. Et là aussi, le parcours est cohérent.
Titulaire d’un Master en Santé publique à l’Université de Parakou (2017-2019), Ange-Marie avait auparavant obtenu une Licence professionnelle en Nutrition et Sciences agro-alimentaires dans la même université (2013-2016).
Plus récemment, il a renforcé son expertise avec un certificat de spécialisation en Santé et Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR) au KIT Institute à Amsterdam (2024). Une formation stratégique pour structurer davantage ses interventions sur le terrain.
En parallèle, il s’est formé à la conception de ressources pédagogiques sur l’égalité femmes-hommes avec l’Organisation internationale de la Francophonie (IFEF-OIF), preuve que pour lui, apprendre ne s’arrête jamais.
Une distinction collective avant tout
Si son nom est gravé sur le trophée, Ange-Marie insiste : « Cette distinction appartient aux jeunes engagés pour l’Agenda 2030. »
En effet, le King Hamad Award ne récompense pas seulement une personne, mais une vision : celle d’une jeunesse africaine capable d’innover, de structurer des solutions locales et d’influencer les politiques publiques.
Aujourd’hui, son parcours inspire bien au-delà des frontières béninoises. Et pourtant, il reste fidèle à ses racines communautaires. Entre deux conférences internationales, on le retrouve sur le terrain, échangeant avec des relais communautaires ou animant des sessions de formation.
Comme quoi, même les lauréats mondiaux gardent les pieds dans la poussière des villages. Et c’est peut-être là que réside le secret de son succès.