Chaque année, l’ONG Transparency International évalue le niveau de corruption perçu dans le secteur public de 180 pays à travers son Indice de perception de la corruption (IPC). Le 10 février 2026, l’organisation a publié son nouveau rapport, dans lequel le Bénin obtient un score de 45 sur 100, identique à celui enregistré en 2024. Avec ce résultat, le pays se maintient parmi les États africains affichant une performance supérieure à la moyenne régionale, estimée autour de 33 points, et confirme sa place dans le groupe des nations engagées dans des réformes institutionnelles visant à renforcer la transparence et la redevabilité publique.
Un score stable qui reflète une dynamique contrastée
Le maintien du score à 45 points met en lumière une situation contrastée : le pays ne recule pas, mais peine encore à franchir un cap décisif. Selon les analyses issues des précédents rapports de Transparency International, cette stabilité reflète souvent une phase de consolidation des réformes, durant laquelle les avancées institutionnelles mettent du temps à se traduire dans la perception internationale. Déjà en 2024, le Bénin avait amélioré son rang mondial, porté notamment par les initiatives engagées par les autorités pour renforcer la gouvernance publique et intensifier la lutte contre la corruption.
Les actions du gouvernement pour renforcer la gouvernance et la lutte anticorruption
Sous la présidence de Patrice Talon, le gouvernement béninois a multiplié les initiatives pour améliorer la gouvernance publique et renforcer la lutte contre la corruption. Parmi les principales mesures figurent le renforcement des institutions de contrôle et de prévention, l’application plus rigoureuse des sanctions en matière d’infractions économiques et financières, ainsi que la digitalisation de plusieurs services publics afin de réduire les opportunités de pratiques illicites. Le pays s’est également engagé dans des initiatives internationales, notamment à travers son adhésion au GlobE Network des Nations unies, destiné à favoriser la coopération contre la corruption transnationale. Autant d’actions visant à améliorer la transparence administrative et à consolider la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.
Entre consolidation et nouveaux défis
Pour les observateurs, la stabilité du Bénin dans le classement 2025 peut être interprétée comme une phase de transition : si les bases institutionnelles semblent désormais consolidées, la progression future dépendra de la capacité des réformes à produire des résultats visibles et durables. Dans un contexte mondial où plus des deux tiers des pays obtiennent un score inférieur à 50, la marge de progression reste importante. Le défi pour le Bénin sera donc de transformer ses efforts structurels en une amélioration tangible de la perception internationale, condition essentielle pour renforcer son attractivité économique et asseoir son image de gouvernance responsable en Afrique de l’Ouest.