Bénin – Université d’Abomey – Calavi – FNEB : Charlemagne Igue s’écarte-t-il de la neutralité ?

par la rédaction
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Alors que le contentieux électoral au sein de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (FNEB) suit son cours devant les juridictions compétentes, le Recteur de l’Université, Charlemagne Igue, s’active à relancer le processus électoral. Charlemagne Igue n’est-il pas en contradiction avec la justice ?

À l’Université d’Abomey-Calavi, le dossier électoral de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (FNEB) demeure pendant devant la justice, tandis que le rectorat, conduit par Charlemagne Igue, semble vouloir accélérer le calendrier. Une situation qui alimente incompréhensions et crispations au sein de la communauté universitaire. À l’origine du contentieux, la saisine des autorités judiciaires par la liste « Relance », qui, n’ayant pas pris part au processus électoral, a choisi de porter l’affaire devant les tribunaux, en dépit de l’existence de voies de recours internes à l’organisation. Le jugement de première instance avait évoqué la reprise des élections sous la supervision du rectorat, de la CEFA et du CCF, assortie de condamnations pécuniaires à l’encontre de certains membres.

Les personnes concernées ont interjeté appel, à la fois contre l’exécution provisoire sur minute et contre le jugement sur le fond. La Cour d’appel de Cotonou, dans sa décision du 15 janvier, a annulé l’exécution sur minute et fait défense d’exécuter le jugement querellé. En conséquence, toute reprise immédiate du scrutin se trouve suspendue jusqu’à l’issue de la procédure au fond, dont l’audience est annoncée prochainement.

Le manifeste d’une gestion amateure

Dans ce contexte juridique établi, la convocation des candidats par le Recteur de l’UAC, Charlemagne Igue, en vue d’imposer l’organisation d’un nouveau scrutin, suscite des interrogations. L’initiative intervient alors que le tribunal de Cotonou n’a pas encore statué définitivement sur le fond de l’affaire. Elle aurait, de surcroît, été engagée sans concertation avec le Bureau exécutif de la FNEB, pourtant toujours en fonction, ni avec le représentant des étudiants au sein du Conseil d’administration.

Au-delà de la procédure, c’est la méthode qui interpelle. En agissant en marge d’une décision d’appel suspendant l’exécution du jugement initial, le rectorat donne le sentiment d’anticiper sur une décision judiciaire à venir. Une telle posture peut être perçue comme une mise à l’écart de l’autorité des juridictions compétentes et comme une intrusion dans un contentieux encore pendant.

Dans une institution académique fondée sur le respect des règles et du débat contradictoire, la prudence aurait commandé d’attendre l’épilogue judiciaire. En s’engageant dans une dynamique de relance électorale sans base juridiquement stabilisée, le rectorat expose l’université à des tensions supplémentaires et à une nouvelle possible contestation du processus. Charlemagne Igue se doit de se vêtir de conduire ses actions dans la neutralité et surtout, de laisser le juge apprécier.

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