Une mission technique du Fonds monétaire international (FMI), entamée le 25 février à Libreville, doit s’achever le 6 mars. Cette visite pourrait constituer une étape clé vers la mise en place d’un programme élargi avec l’institution de Bretton Woods, alors que les autorités gabonaises cherchent à renforcer leur crédibilité financière et à consolider leurs réformes budgétaires.
Une mission d’évaluation pour préparer une nouvelle coopération
Conduite par Aliona Cebotari, la délégation du FMI est chargée de procéder à un examen approfondi des comptes publics et de la situation macroéconomique du pays. L’objectif est de collecter et d’analyser des données actualisées afin d’évaluer les performances économiques récentes et de poser les bases d’un éventuel partenariat renforcé.
Dans ce cadre, l’administration gabonaise doit fournir des informations détaillées sur les recettes publiques, les dépenses de fonctionnement et d’investissement ainsi que sur la structure de la dette publique. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, cette mission vise également à consolider le cadre de coopération entre Libreville et le FMI.
Une dette publique sous surveillance et des outils de gestion renforcés
La question de la dette publique figure au cœur des discussions. D’après la Banque mondiale, celle-ci a atteint 72,5 % du PIB en 2024, dépassant le seuil de 70 % fixé par la CEMAC. Les projections indiquent une progression possible à 80,2 % du PIB en 2026 et 86,1 % en 2027, portée par une politique de dépenses expansionnistes liée aux projets de développement.
Pour améliorer la transparence budgétaire, les autorités ont lancé en janvier 2026 le système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP). Cet outil permet de centraliser les recettes et dépenses de l’État, d’assurer un suivi en temps réel des encaissements et de mieux anticiper les écarts entre prévisions et exécutions budgétaires.
L’espoir d’un nouveau programme avec le FMI
Au-delà du diagnostic technique, le Gabon espère que cette mission ouvrira la voie à un nouveau programme financé par le FMI. Un tel accord pourrait renforcer la confiance des bailleurs internationaux et soutenir la mise en œuvre de réformes visant à améliorer la mobilisation des recettes et la gouvernance budgétaire.
Le dernier programme conclu en août 2021 dans le cadre du mécanisme élargi de crédit avait été suspendu en 2023, après l’échec de sa troisième revue. La mission actuelle apparaît ainsi comme une étape déterminante pour relancer la coopération financière entre Libreville et l’institution internationale.