Présidentielles au Bénin : Wadagni–Talata dévoilent un projet de société ambitieux pour 2026-2033

par la rédaction
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Dans un Palais des congrès de Cotonou acquis à leur cause, ce 21 mars 2026, devant un parterre de personnalités politiques, d’acteurs économiques et de jeunes, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata ont levé le voile sur leur projet de société pour 2026-2033. Une feuille de route ambitieuse, structurée et résolument tournée vers une nouvelle phase du développement béninois.

Baptisé « Plus loin, ensemble », ce programme se présente comme la continuité assumée des réformes engagées depuis une décennie, tout en amorçant un tournant : celui d’un développement davantage territorialisé, inclusif et porté par le secteur privé.

Une ambition : éradiquer la pauvreté et diffuser la prospérité

Romuald Wadagni pose d’emblée le cap : transformer la croissance en progrès tangible pour chaque Béninois. Derrière la formule, une promesse politique forte, faire en sorte que les performances macroéconomiques se traduisent enfin dans le quotidien des ménages. « Chaque Béninois doit pouvoir trouver une opportunité à portée de main », martèle le candidat, qui veut rompre avec une croissance perçue comme inégalement répartie.

Le diagnostic s’appuie sur un bilan assumé : revenu par habitant en hausse de 50 %, budget de l’État triplé, investissements massifs dans les infrastructures et les services sociaux. Mais pour Wadagni, cette phase n’était qu’un socle. Le véritable enjeu de 2026-2033 sera désormais la redistribution territoriale de la richesse et l’éradication durable de la pauvreté.

Le pari des pôles de développement territorial

C’est la pièce maîtresse du programme : six pôles de développement territorial pour rééquilibrer l’économie nationale. Pensés comme des moteurs locaux de croissance, ces pôles devront structurer l’activité autour d’industries ciblées, du tourisme, de l’innovation et des spécificités propres à chaque territoire.

L’objectif est de produire, transformer et créer de l’emploi au plus près des populations. L’approche repose sur un socle solide à savoir les infrastructures, le capital humain, le financement des PME et les incitations fiscales avec une idée centrale : attirer l’investissement privé tout en réduisant les fractures régionales.

Trois priorités structurantes

Le projet Wadagni–Talata s’articule autour de trois axes majeurs qui dessinent une vision globale du développement : social, économique et institutionnel. Une architecture classique, mais renforcée par une volonté de cohérence entre politiques publiques et résultats concrets.

Derrière ces priorités, une ambition : passer d’un État réformateur à un État transformateur, capable d’impacter directement la vie des citoyens tout en consolidant les acquis économiques.

1. Le bien-être social pour tous

Le premier pilier vise un saut qualitatif dans les services sociaux. Santé, protection sociale et éducation sont au cœur du dispositif, avec une forte dose de digitalisation : dossier médical numérique, transferts sociaux ciblés, suivi individualisé des parcours scolaires. L’objectif est clair : bâtir un système plus inclusif, plus efficace et plus équitable. En ligne de mire, les populations vulnérables, que le programme entend intégrer pleinement dans la dynamique de croissance.

2. Une économie diversifiée et compétitive

Sur le front économique, le programme assume une stratégie de transformation structurelle. Industrialisation autour de zones comme Glo-Djigbé, modernisation agricole, valorisation du tourisme et des industries culturelles : le modèle vise à réduire la dépendance aux secteurs traditionnels. Le secteur privé est appelé à devenir le véritable moteur de la croissance. L’État, lui, se repositionne en facilitateur, chargé de créer les conditions favorables à l’investissement, à l’innovation et à l’émergence d’un tissu solide de PME.

3. Cohésion nationale et sécurité

Le troisième axe s’attaque aux fondamentaux institutionnels. Gouvernance publique renforcée, administration modernisée, consolidation de l’État de droit : le programme veut asseoir une stabilité durable dans un contexte régional marqué par les incertitudes sécuritaires. La décentralisation occupe une place stratégique, avec l’ambition de rapprocher l’action publique des citoyens. En toile de fond, une exigence : rendre l’État plus efficace, plus lisible et plus proche des réalités locales.

La technologie comme levier transversal

La digitalisation irrigue l’ensemble du programme. Santé, éducation, protection sociale, administration : aucun secteur n’échappe à cette transformation numérique, présentée comme un accélérateur de performance et de transparence.

L’objectif est double : améliorer l’efficacité de l’action publique et démocratiser l’accès aux services. En creux, le projet dessine un Bénin plus connecté, où la technologie devient un outil de gouvernance autant qu’un levier de développement.

Un projet de continuité… et de rupture

Le positionnement est assumé : capitaliser sur les acquis tout en changeant d’échelle. Wadagni revendique la continuité des réformes engagées, tout en promettant une inflexion majeure vers un développement plus inclusif et territorialisé.

Au final, le message est limpide : passer d’une croissance macroéconomique à une prospérité vécue. Reste à convaincre que cette nouvelle étape pourra réellement transformer le quotidien des Béninois.

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