Société Générale Côte d’Ivoire a enregistré un bénéfice net de 101,352 milliards FCFA au titre de l’exercice 2025, un niveau quasi stable par rapport à 2024, dans un environnement jugé contraignant. La banque a évolué dans un contexte marqué par le ralentissement de l’activité économique, lié notamment aux échéances électorales présidentielles, ainsi qu’à l’attentisme des entreprises sur plusieurs projets d’investissement.
Dans ce contexte, le total bilan de l’établissement s’est établi à 3 769 milliards FCFA, en progression de 4,3 % sur un an. Cette évolution traduit à la fois la bonne tenue de l’activité commerciale et le renforcement des ressources collectées. Le produit net bancaire (PNB) ressort en hausse de 4,9 %, soutenu par la solidité de la marge d’intérêt, qui a permis de compenser la moindre contribution des activités de marché.
L’activité de financement est restée dynamique. Les encours de crédits ont atteint 2 546 milliards FCFA, en augmentation de 2,9 %. Cette progression a été portée par le segment retail, notamment les crédits à la consommation, ainsi que par les financements corporate à travers les opérations de crédit-bail et de trésorerie.
En parallèle, la banque a renforcé sa base de ressources. Les dépôts de la clientèle se sont élevés à 2 908 milliards FCFA, en hausse de 5,8 %. Selon la banque, cette performance reflète les résultats des actions commerciales menées sur l’ensemble des segments. Cette dynamique de collecte a contribué à l’amélioration de la liquidité, à la diversification des sources de financement et à la réduction du recours au refinancement. Le ratio crédits/dépôts s’est ainsi établi à 87,6 %, en nette amélioration.
Sur le plan opérationnel, SGCI a poursuivi une gestion rigoureuse de ses charges. Les frais généraux ont progressé de 7,3 %, principalement sous l’effet de charges exceptionnelles liées au projet de rénovation du siège. Malgré cette hausse, le coefficient d’exploitation est resté contenu à 38,8 %, traduisant une bonne efficacité opérationnelle.
Le coût du risque a toutefois progressé de 29,2 %, sous l’effet du renforcement des provisions sur certains segments plus exposés, notamment les PME. Cette évolution a pesé sur la performance de l’exercice. Les créances en souffrance sont également ressorties en hausse, dans le sillage des tensions économiques différées. La banque affiche néanmoins un profil de risque globalement maîtrisé, avec un taux de créances douteuses (NPL) de 8 % et un taux de couverture de 82 %.
Au titre de sa contribution à l’économie nationale, SGCI indique avoir versé 25,155 milliards FCFA d’impôt sur les bénéfices, auxquels s’ajoutent d’autres taxes. L’établissement prévoit par ailleurs de distribuer à ses actionnaires un dividende brut global de 81,07 milliards FCFA.
Au-delà de ses résultats financiers, la Fondation SGCI a poursuivi en 2025 ses actions en faveur du développement durable et inclusif. Les initiatives ont porté sur l’éducation, l’insertion professionnelle, la promotion de l’art contemporain et la protection de l’environnement, avec un accent particulier sur l’autonomisation des jeunes et des femmes. L’année a également été marquée par l’inauguration de la Maison de l’Art de Grand-Bassam, projet conduit en partenariat avec le ministère ivoirien de la Culture et de la Francophonie.
Pour 2026, la banque se dit confiante dans la perspective d’une reprise progressive de l’investissement, soutenue par le lancement des projets structurants du Plan national de développement 2026-2030. Sa feuille de route repose sur une croissance sélective du crédit, le renforcement durable des ressources, une discipline accrue en matière de gestion des risques, ainsi que la diversification des revenus à travers le développement des commissions de service et le repositionnement des activités de marché. La poursuite des transformations organisationnelles et digitales devrait également soutenir sa compétitivité sur le marché ivoirien.