Dette sénégalaise : fin des divergences avec le FMI

par la rédaction
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Le directeur de la dette publique, Alioune Diouf, a annoncé que la dette du Sénégal était désormais « totalement transparente » et alignée sur les chiffres du Fonds monétaire international (FMI), selon des propos rapportés par Reuters.

Cette annonce intervient après plusieurs mois de débats autour de passifs non déclarés, d’instruments financiers complexes et de divergences relevées dans certaines statistiques publiques. En 2024, le FMI avait suspendu un programme de 1,8 milliard de dollars après la mise au jour d’irrégularités, renforçant l’attention portée à la gestion de la dette sénégalaise.

Selon Alioune Diouf, les audits réalisés sur la période 2019-2024 ont permis d’aboutir à une base de données commune entre les autorités sénégalaises et les équipes du FMI. Il assure qu’il n’existe plus de différence sur les principaux indicateurs, qu’il s’agisse de l’encours de dette ou des soldes budgétaires.

Le responsable met également en avant les efforts réalisés en matière de transparence budgétaire. Il cite notamment la publication régulière de rapports trimestriels, d’un bulletin statistique sur la dette ainsi que de documents conformes aux standards de diffusion des données du FMI.

Sur les opérations de financement menées en 2025, Alioune Diouf a précisé que certaines transactions, y compris celles liées à des produits dérivés, ont été réalisées sur le marché régional. Selon lui, ces opérations apparaissent dans les montants globaux levés sans être individualisées dans les statistiques d’émission.

Le Sénégal fait notamment l’objet d’interrogations sur son recours aux swaps de rendement total (TRS), que les autorités présentent comme une alternative potentiellement moins coûteuse aux financements extérieurs traditionnels. Le directeur de la dette publique affirme que ces instruments sont adossés à des titres publics domestiques et structurés de manière à limiter fortement les risques liés aux variations de marché.

Interrogé sur d’éventuels retards de paiement, il a assuré que le pays n’avait enregistré aucun défaut au-delà des délais de grâce généralement admis dans les contrats de dette souveraine. Il reconnaît toutefois que certaines situations techniques ont pu survenir dans ces périodes transitoires.

Alioune Diouf est également revenu sur les APE, des prêts bancaires convertis ensuite en titres d’État. Selon lui, ces engagements relevaient de dettes auparavant non intégrées dans les statistiques officielles et non d’arriérés de paiement. Cette conversion s’inscrirait dans une logique de gestion active de la dette, permettant de régulariser les engagements tout en offrant aux banques des actifs refinançables auprès de la banque centrale.

Les discussions avec le FMI se poursuivent en vue d’un nouveau programme. Si aucun calendrier précis n’a été communiqué, les autorités sénégalaises assurent travailler à sa finalisation.

En attendant, l’accès aux marchés internationaux demeurant plus contraint, Dakar continue de s’appuyer davantage sur le marché régional et sur des mécanismes alternatifs de financement pour couvrir ses besoins budgétaires.

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