Le marché gabonais de l’assurance a enregistré un net ralentissement en 2025, rompant avec la dynamique de reprise observée un an plus tôt. Selon la dernière note de conjoncture du ministère de l’Économie et des Finances, consultée par EcoMatin, le chiffre d’affaires global du secteur s’est contracté de 5,8% à fin décembre, pour s’établir à environ 134 milliards FCFA, contre 141,9 milliards FCFA en 2024.
Cette contreperformance tranche avec la progression de 9,8% enregistrée l’année précédente, qui avait permis au secteur de sortir d’un cycle baissier. Elle surprend d’autant plus que les indicateurs semestriels laissaient entrevoir une année solide, avec une hausse de 72,3% à fin juin 2025.
Le retournement intervenu au second semestre s’explique principalement par le non-renouvellement de nombreux contrats, aussi bien en assurance vie qu’en non-vie, ainsi que par une baisse des nouvelles souscriptions au dernier trimestre. À cela s’ajoutent le recul des investissements publics et l’intensification de la concurrence tarifaire entre opérateurs, dans un marché devenu plus disputé.
D’après les statistiques compilées par la Fédération gabonaise des sociétés d’assurances (Fegasa), la branche non-vie, qui représente traditionnellement le principal moteur du secteur avec 73,61% du portefeuille global, a vu ses primes diminuer de 5,1%, à 102,4 milliards FCFA. Une baisse atténuée toutefois par un rebond de 18,6% observé au quatrième trimestre.
Plusieurs segments ont particulièrement pesé sur la performance annuelle. L’assurance automobile recule de 8,5%, les risques transport chutent de 33%, tandis que la branche maladie accuse un repli marqué de 35,2%.
La branche vie, quant à elle, reste orientée à la hausse, mais sur un rythme moins soutenu. Sa croissance ralentit à 11,6%, contre 15% en 2024, pour un chiffre d’affaires proche de 40 milliards FCFA. Selon la Direction générale de l’Économie, cette décélération résulte d’une moindre demande pour les produits d’assurance vie, notamment les garanties décès, en baisse de 37,75%, combinée au non-renouvellement de certains contrats et à la réduction des primes.
Sur le plan commercial, les commissions versées aux intermédiaires d’assurances ont diminué de 2% sur l’ensemble de l’année, malgré une progression notable de 24,8% au quatrième trimestre. Cette performance de fin d’année illustre néanmoins la montée en puissance des courtiers et agents généraux dans la distribution des produits d’assurance.
Les intermédiaires ont ainsi généré près de 91,4 milliards FCFA de primes, soit 68,2% du chiffre d’affaires total du marché, dépassant une nouvelle fois les bureaux directs des compagnies.
Seule éclaircie dans ce tableau contrasté : la gestion des sinistres. Les indemnisations payées ont progressé de 22,5% en glissement annuel, signe d’un effort accru des assureurs pour honorer leurs engagements envers les assurés.
Au-delà de la baisse conjoncturelle observée en 2025, ces résultats posent la question de la capacité du secteur gabonais de l’assurance à inscrire durablement sa reprise dans un environnement économique encore marqué par la fragilité de la demande et la pression sur les marges.