Sénégal : un accord avec le FMI attendu dans les prochaines semaines

par la rédaction
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Le Sénégal pourrait conclure dans les prochaines semaines un accord de soutien financier avec le Fonds monétaire international (FMI), selon des informations rapportées par le Financial Times. Cette perspective intervient dans un contexte marqué par les tensions sur les finances publiques et les efforts engagés par les autorités sénégalaises pour restaurer la confiance des partenaires financiers.

L’accord attendu pourrait permettre au pays de retrouver l’accès aux décaissements suspendus dans le cadre du programme 2023-2026 conclu avec le FMI pour un montant global de 1 150 milliards de francs CFA. Jusqu’à présent, le Sénégal n’a bénéficié que d’une première tranche de 169 milliards de francs CFA après la validation de la première revue du programme.

Le reste des financements avait été gelé à la suite des révélations concernant une dette cachée estimée à environ 7 milliards de dollars sur la période 2019-2024. Le FMI avait alors confirmé qu’une partie de cette dette n’avait pas été déclarée par les précédentes autorités, rejoignant ainsi les conclusions du rapport publié par la Cour des comptes sénégalaise en février 2025.

Depuis, les autorités sénégalaises multiplient les initiatives destinées à rassurer les institutions financières internationales et les investisseurs. En mars dernier, une mission du FMI s’était rendue à Dakar dans le cadre de travaux consacrés au Rapport sur l’observance des normes et codes.

À cette occasion, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, avait réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la transparence budgétaire et la qualité des données macroéconomiques conformément aux standards internationaux.

Cette mission visait notamment à évaluer les pratiques du pays en matière de gouvernance, de finances publiques, de système bancaire, de statistiques économiques et de lutte contre la corruption. L’objectif affiché est de rapprocher davantage les mécanismes de gestion économique du Sénégal des normes internationales afin de renforcer la crédibilité du pays auprès des bailleurs de fonds.

Toutefois, cet éventuel accord avec le FMI pourrait s’accompagner de conditions importantes, notamment autour de la question de la dette publique. Celle-ci est estimée à environ 132 % du produit intérieur brut à fin 2024.

À l’issue d’une mission effectuée à Dakar en novembre 2025, la directrice de la communication du FMI, Julie Kozack, avait indiqué que les discussions avec les autorités sénégalaises portaient sur les vulnérabilités liées à cette dette ainsi que sur les différentes options envisageables pour en assurer la soutenabilité.

Le FMI avait alors rappelé que tout financement futur devait s’inscrire dans une perspective de viabilité des finances publiques et être accompagné de garanties suffisantes sur la gestion budgétaire du pays.

Selon plusieurs sources, la question d’une éventuelle restructuration de la dette aurait également alimenté des divergences au sommet de l’État sénégalais. L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, récemment écarté du gouvernement avant d’être porté à la présidence de l’Assemblée nationale, se serait opposé à cette option défendue par le président Bassirou Diomaye Faye afin de faciliter le retour des bailleurs internationaux.

En attendant la finalisation de l’accord avec le FMI, le Sénégal continue de recourir au marché régional pour couvrir ses besoins de financement. D’après le Financial Times, le pays a levé près de 4 000 milliards de francs CFA sur le marché domestique l’an dernier. Toutefois, cette stratégie de financement interne montre des signes de tension avec une hausse des rendements et un ralentissement progressif des émissions de dette.

FED

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