La capitale burkinabè accueille depuis le 1er juin 2026 la première session du Comité des experts de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA). Jusqu’au 13 juin, les spécialistes des treize États membres examineront plusieurs réformes destinées à moderniser le secteur, renforcer l’inclusion financière et adapter la réglementation aux nouveaux défis économiques et technologiques.
Ces assises s’ouvrent dans un contexte marqué par les mutations profondes de l’économie mondiale, l’accélération de la transformation numérique et la nécessité d’élargir l’accès aux services financiers dans les pays africains. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, qui a invité les participants à faire preuve d’ambition afin de doter l’espace CIMA d’un cadre réglementaire capable de répondre aux attentes des populations et des acteurs économiques. Selon lui, le secteur des assurances doit désormais dépasser son rôle traditionnel d’indemnisation des risques pour devenir un véritable levier de développement économique et social.
« Nos marchés d’assurances doivent être en mesure de mobiliser davantage de ressources pour soutenir les investissements structurants, accompagner la transformation numérique de nos économies et contribuer au financement des entreprises », a-t-il notamment souligné à l’ouverture des travaux. Durant cette première session du Comité des experts, plusieurs dossiers stratégiques seront examinés. Les discussions portent notamment sur l’évolution de la réglementation communautaire, l’amélioration de la gouvernance des compagnies d’assurances, le renforcement de la protection des assurés ainsi que l’intégration accrue des technologies numériques dans les opérations du secteur.
Les experts devront également formuler des propositions visant à renforcer l’inclusion financière dans les pays membres. L’objectif est de favoriser l’émergence de produits d’assurance innovants, accessibles et adaptés aux besoins des ménages, des travailleurs du secteur informel et des petites et moyennes entreprises, encore largement sous-couverts par les mécanismes traditionnels d’assurance. Face à la multiplication des risques liés au changement climatique, aux cybermenaces et aux évolutions économiques, la CIMA entend également adapter son cadre réglementaire afin de garantir la solidité financière des compagnies et la résilience du marché régional.
Les conclusions de cette session serviront de base aux travaux du Conseil des ministres en charge des assurances, organe décisionnel de la CIMA. Elles pourraient ouvrir la voie à de nouvelles réformes destinées à faire du secteur assurantiel un acteur majeur du financement du développement et de l’intégration économique dans l’espace communautaire.
Chester W.