Réforme constitutionnelle en RDC : des violences éclatent lors d’une manifestation de l’opposition

par la rédaction
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La tension est montée d’un cran vendredi 12 juin à Kinshasa. À l’appel de plusieurs figures de l’opposition réunies au sein de la coalition C64 (Coalition Article 64), des centaines de militants se sont mobilisés pour dénoncer le projet de modification de la Constitution porté par le président en exercice Félix Tshisekedi. La manifestation, prévue sous la forme d’un sit-in devant le Palais du Peuple, a rapidement été marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre.

Cette mobilisation constituait un nouveau test pour l’opposition congolaise après la journée « ville morte » organisée le 3 juin. Les opposants entendaient protester contre une réforme constitutionnelle qu’ils accusent de pouvoir ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, dont le second mandat doit prendre fin en décembre 2028.

La manifestation intervenait dans un contexte de forte tension politique. Trois jours auparavant, les députés avaient adopté à une large majorité la loi référendaire, une étape importante dans le processus de révision de la Constitution. La veille du rassemblement, les autorités provinciales de Kinshasa avaient interdit l’accès aux abords du Parlement, tandis qu’un important dispositif policier était déployé dans le secteur.

Dès la matinée, plusieurs centaines de militants se sont rassemblés devant le siège de l’Écidé, le parti de l’opposant Martin Fayulu. Des incidents ont alors éclaté aux alentours du quartier général de Delly Sesanga. Selon plusieurs témoins, des échanges de projectiles ont opposé des militants de l’opposition à des individus présentés comme membres de la Force du progrès, un mouvement affilié à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel.

Malgré ces premières tensions, les principaux responsables de l’opposition ont maintenu leur initiative et se sont regroupés avant d’entamer une marche en direction du Palais du Peuple. C’est à proximité du boulevard Triomphal que la situation a dégénéré. Après plusieurs minutes de face-à-face, les forces de l’ordre ont entrepris de disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes.

Quelques groupes de militants sont parvenus à s’approcher du Parlement avant d’être repoussés. Plusieurs figures de l’opposition ont été blessées au cours des affrontements. Martin Fayulu a été aperçu avec des traces de sang à la tête et sur ses vêtements. Delly Sesanga a été conduit dans une clinique après avoir été touché à la jambe, selon son entourage. Les proches de Jean-Marc Kabund ont également indiqué que l’opposant avait été blessé.

Alors que les manifestants étaient dispersés, de nouveaux incidents ont été signalés aux abords du siège de l’Écidé. Des affrontements ont opposé des militants retranchés à l’intérieur du bâtiment à des policiers et à des individus se réclamant de la Force du progrès.

Dans l’après-midi, Martin Fayulu a affirmé que les violences avaient fait de nombreux blessés ainsi que deux morts. Ce bilan n’a pas été confirmé par la Police nationale congolaise. Son porte-parole, le commissaire divisionnaire adjoint Julien Mavungu, a indiqué qu’un communiqué officiel devait être publié ultérieurement.

Ces violences interviennent alors que le débat sur la réforme constitutionnelle s’intensifie dans le pays. Désormais assumé par la majorité présidentielle, le projet continue de progresser sur le plan institutionnel. Le 9 juin, l’Assemblée nationale a adopté la loi fixant les modalités d’organisation du référendum.

Face à cette dynamique, l’opposition tente de mobiliser l’opinion publique pour freiner le processus. Ses responsables estiment que la bataille se joue désormais dans la rue, alors qu’ils dénoncent leur marginalisation dans les débats parlementaires.

À la veille de la manifestation, l’ancien président Joseph Kabila a lui aussi pris position contre le projet de réforme constitutionnelle. Dans une déclaration publique, il a appelé les Congolais à soutenir les initiatives menées par les opposants et à se mobiliser pour ce qu’il a qualifié de « sursaut national ».

Le gouvernement, de son côté, maintient sa ligne. Son porte-parole, Patrick Muyaya, a réaffirmé la volonté des autorités de poursuivre le processus engagé, estimant que la population avait déjà rejeté les précédents appels à la mobilisation lancés par l’opposition.

FED

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