Célébration de la 1ère édition de la Journée internationale des CRF : le Bénin place le renseignement financier au cœur de la lutte contre les flux financiers illicites

par la rédaction
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Le Bénin a célébré le 16 juin à Cotonou la première édition de la Journée internationale des Cellules de renseignements financiers, une initiative destinée à mettre en lumière le rôle de ces structures dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres formes de criminalité économique. L’événement a réuni des représentants des pouvoirs publics, des partenaires techniques et des acteurs du secteur financier autour des enjeux liés à la protection de l’intégrité du système économique national.

Instituée à l’initiative du réseau mondial des Cellules de renseignements financiers, cette journée vise à mieux faire connaître le travail de ces institutions spécialisées dans la collecte, l’analyse et la transmission d’informations financières utiles aux enquêtes sur les flux financiers illicites. Au Bénin, la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) occupe une place centrale dans ce dispositif.

À l’ouverture des travaux, le président de la CENTIF, Abdou Rafiou Bello, a rappelé que les Cellules de renseignements financiers constituent un maillon essentiel de l’architecture internationale de lutte contre le blanchiment de capitaux. Selon lui, leur création répond aux exigences des standards internationaux, notamment ceux du Groupe d’action financière (GAFI), qui recommandent à chaque État de disposer d’un mécanisme autonome chargé de recueillir et d’analyser les informations financières susceptibles de contribuer aux enquêtes sur la criminalité économique.

Placée sous le thème « Les renseignements financiers au service de l’intégrité et de la protection de l’économie nationale », cette première édition a également permis d’aborder les préparatifs du Bénin en vue de son évaluation mutuelle prévue en février 2028. Cet exercice international vise à apprécier l’efficacité du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.

Pour Abdou Rafiou Bello, cette échéance représente un rendez-vous stratégique qui permettra de mesurer les progrès accomplis en matière de réformes, de renforcement institutionnel, de formation et de répression. Il a souligné que la capacité d’un pays à prévenir les risques liés aux flux financiers illicites constitue désormais un élément déterminant de sa réputation financière à l’échelle internationale.

Présente à la cérémonie, la représentante de la Coopération allemande au Bénin, Rike Sohn, a insisté sur l’importance croissante du renseignement financier face à la sophistication des réseaux criminels et à l’évolution des mécanismes de fraude. Elle a salué les réformes engagées par le Bénin ces dernières années afin de rapprocher son dispositif des standards internationaux et de renforcer l’efficacité de la lutte contre les flux financiers illicites.

Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Alastaire Alinsato a rappelé que les résultats de l’évaluation mutuelle de 2028 auront des répercussions directes sur plusieurs indicateurs économiques du pays. Selon lui, la crédibilité du dispositif national influencera notamment la notation souveraine du Bénin, son attractivité pour les investissements directs étrangers ainsi que les relations entre les institutions financières béninoises et leurs partenaires internationaux.

Les intervenants ont également mis en avant les défis auxquels sont confrontées les autorités. La transformation numérique des activités économiques, l’émergence de nouvelles formes de fraude, la sophistication des réseaux criminels et le renforcement continu des exigences internationales imposent une adaptation permanente des mécanismes de surveillance et de contrôle.

Face à ces enjeux, les participants ont plaidé pour un renforcement de la coopération entre la CENTIF, les autorités de supervision, les services d’enquête, les administrations publiques, les professions assujetties et les partenaires techniques. L’objectif est de consolider l’efficacité du dispositif national afin de mieux protéger l’économie béninoise contre les risques liés aux flux financiers illicites et aux infractions financières connexes.

RPM

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