Le groupe ivoirien Porteo poursuit sa stratégie de diversification avec un projet d’entrée dans le secteur bancaire. Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, l’entreprise dirigée par Hassan Dakhlallah travaille à la création d’un établissement bancaire destiné à élargir son périmètre d’activités au-delà du bâtiment, des mines, de l’immobilier et de l’industrie.
Pour conduire ce projet, le président du groupe a fait appel à Malick Ndiaye, ancien directeur général de BGFIBank Côte d’Ivoire. Celui-ci est chargé de piloter les travaux préparatoires à la création de la future banque, dont le processus de structuration serait déjà engagé. À terme, une demande d’agrément devrait être introduite auprès de la Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), sous la supervision de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Cette initiative intervient dans un contexte réglementaire marqué par le relèvement du capital minimum exigé pour la création d’une banque dans l’espace UEMOA. Depuis la décision adoptée par le Conseil des ministres de l’Union le 21 décembre 2023, les promoteurs de nouveaux établissements bancaires doivent justifier d’un capital minimum de 20 milliards de FCFA.
Le choix de Malick Ndiaye s’inscrit dans la volonté du groupe de s’appuyer sur une expertise reconnue du secteur bancaire régional. Ancien collaborateur du groupe BGFIBank, où il a occupé plusieurs fonctions de direction, il avait rejoint Porteo après son départ à la retraite, notamment pour accompagner le développement des activités du groupe au Gabon.
Le projet bancaire s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation du conglomérat ivoirien. Au cours des dernières années, Porteo a progressivement étendu son champ d’intervention à plusieurs secteurs économiques. Après avoir consolidé sa position dans les infrastructures et le bâtiment, le groupe a investi dans l’industrie et développe désormais plusieurs projets agro-industriels en Côte d’Ivoire, au Togo et au Gabon.
Cette diversification répond à l’ambition de réduire progressivement la dépendance du groupe aux marchés publics et aux grands projets d’infrastructures. En 2025, Porteo a franchi le seuil du milliard d’euros de chiffre d’affaires et affiche l’objectif de tripler ce volume d’activité à moyen terme.
Pour accompagner cette nouvelle phase de croissance, Hassan Dakhlallah a renforcé son équipe dirigeante avec l’arrivée de Papa Amadou Sarr au poste de directeur général du groupe. Ancien ministre sénégalais et ancien cadre de l’Agence française de développement, ce dernier participe à la mise en œuvre de la stratégie d’expansion du conglomérat.
Parallèlement, le groupe a consolidé son dispositif d’accompagnement stratégique et de communication à travers plusieurs partenariats spécialisés. Cette évolution témoigne de la volonté de Porteo de structurer son développement et de renforcer sa présence dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Avec ce projet bancaire, le groupe franchit une nouvelle étape dans sa diversification. Si les procédures réglementaires aboutissent, Porteo rejoindrait le cercle des grands groupes privés africains ayant étendu leurs activités au secteur financier, un domaine devenu stratégique pour le financement de la croissance et le développement des investissements sur le continent.
RPM