Le nombre de ressortissants français inscrits au registre mondial des Français établis hors de France est passé de 2 990 à 3 317 au Bénin entre 2024 et 2025. Cette progression de 327 inscrits place le pays parmi les postes consulaires affichant les plus fortes croissances de la présence française en Afrique de l’Ouest.
En 2025, le Bénin a enregistré une progression à deux chiffres du nombre de Français inscrits auprès de sa représentation consulaire. Selon les statistiques du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, reprises dans une publication de Lamarinabj, la communauté française immatriculée au Bénin est passée de 2 990 personnes en 2024 à 3 317 en 2025, soit une hausse de 10,94 %. Cette évolution dépasse largement la progression mondiale des Français établis hors de France, estimée à 1,7 % sur la même période.
Avec 3 317 ressortissants inscrits au 31 décembre 2025, la section consulaire de Cotonou occupe le 61e rang mondial par pays et le 91e rang selon le classement par circonscription consulaire. Le Bénin gagne ainsi trois places par rapport à l’année précédente.
La progression apparaît plus nettement encore à l’échelle ouest-africaine. Plusieurs pays de la région ont enregistré une diminution de leur communauté française : -38,32 % au Niger, -12,98 % au Burkina Faso, -12,18 % au Mali, -7,59 % au Nigeria et -4,58 % au Ghana.
À l’inverse, la Côte d’Ivoire affiche une hausse de 4,70 %, le Togo de 3,58 % et le Sénégal de 0,26 %. Le Bénin se démarque donc par l’ampleur de sa progression relative.
En nombre absolu, la Côte d’Ivoire et le Sénégal conservent toutefois une communauté française nettement plus importante, avec plus de 19 300 inscrits à Abidjan et près de 20 000 à Dakar.
Une recomposition des implantations régionales
La progression observée au Bénin intervient dans un contexte de redistribution des présences françaises en Afrique de l’Ouest. La dégradation de la situation sécuritaire et les changements de relations diplomatiques au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont accompagné une diminution du nombre de Français inscrits dans ces pays.
Cette évolution peut favoriser une réorientation d’une partie des flux vers les pays du Golfe de Guinée. Le Bénin, avec son environnement institutionnel et économique relativement stable, apparaît dans ce contexte comme l’un des points d’accueil de cette recomposition.
L’appartenance à l’UEMOA et l’utilisation du franc CFA constituent également des facteurs de continuité pour les entreprises et ressortissants français déjà familiarisés avec cet environnement régional.
Le cadre franco-béninois accompagne la dynamique
La relation bilatérale fournit par ailleurs plusieurs dispositifs facilitant la mobilité et l’installation. Le Bénin figure notamment parmi les pays ayant conclu avec la France un accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires. Il fait également partie des États ayant signé un accord intergouvernemental facilitant l’accès à l’emploi des conjoints d’agents diplomatiques et consulaires.
À ces éléments s’ajoute la modernisation des services consulaires français. Le déploiement de France Consulaire, achevé en décembre 2025, a renforcé la dématérialisation et simplifié certaines démarches administratives pour les Français établis hors de France.
La progression de 10,94 % enregistrée au Bénin ne suffit toutefois pas, à elle seule, à mesurer l’évolution de l’ensemble de la présence française à Cotonou, puisque le registre consulaire repose sur une démarche d’inscription.
S.T.