Le président guinéen Mamadi Doumbouya a mis fin, vendredi soir, aux fonctions de deux membres de son gouvernement, sans préciser les raisons de cette décision. Sont concernés Mory Condé, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Protection sociale, et Mourana Soumah, ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation.
Si aucun motif officiel n’a été avancé, ces limogeages interviennent dans un contexte où les autorités de transition multiplient les messages en faveur du renforcement de la gouvernance publique et de la lutte contre la corruption. Dans une déclaration rendue publique au même moment, Mamadi Doumbouya a tenu à rappeler sa volonté de faire respecter les principes d’exemplarité au sein de l’appareil d’État.
« Contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine », a déclaré le chef de l’État.
Sans établir explicitement de lien entre les départs annoncés et d’éventuels faits de corruption, le président guinéen a insisté sur le fait que cette exigence de rigueur devait s’appliquer à tous les responsables publics, « à commencer par ceux qui servent à ses côtés ». Une manière de rappeler que la transition engagée depuis 2021 entend placer la responsabilité et la probité au cœur de l’action gouvernementale.
Mamadi Doumbouya a également réaffirmé sa vision de la « Refondation », présentée comme le socle de son action politique. Selon lui, celle-ci repose sur trois priorités : le vivre-ensemble, une économie davantage tournée vers les besoins des populations et le renforcement d’institutions crédibles.
Cette déclaration intervient alors que le pays s’engage dans une nouvelle phase de réorganisation territoriale. Le chef de l’État a annoncé la création de deux nouvelles régions administratives, Siguiri et Beyla, ainsi que de onze nouvelles préfectures, avec pour objectif affiché de rapprocher l’administration des citoyens et d’améliorer la gouvernance locale.
Si les raisons précises de ces départs n’ont pas été rendues publiques, cette séquence politique intervient à un moment où les autorités guinéennes cherchent à renforcer leur discours sur la bonne gouvernance, à l’approche de nouvelles étapes de la transition.
RPM