Le gouvernement malien veut renforcer sa sécurité énergétique en se dotant d’un stock national de régulation des hydrocarbures. L’annonce a été faite lundi à Bamako à l’issue de la 28ᵉ réunion ordinaire du cadre de concertation entre l’État et le secteur pétrolier, présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo.
Organisée à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), la rencontre a réuni les autorités et les acteurs du secteur autour des questions liées à l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les échanges ont notamment porté sur les perspectives d’approvisionnement, la situation des citernes sur les différents corridors, la sécurisation des axes routiers, l’entretien des infrastructures ainsi que la lutte contre la fraude.
À l’issue de la réunion, le ministre a indiqué que les participants avaient évalué l’état de l’approvisionnement du pays sur la période allant du 6 au 19 juillet 2026. Selon les chiffres présentés, 1 653 citernes, représentant plus de 75 millions de litres de gasoil et d’essence, ont été réceptionnées au cours de ces deux semaines. Pour les autorités, ce volume a permis d’assurer un approvisionnement régulier du marché et de stabiliser le système de distribution.
Fort de cette amélioration, le gouvernement entend désormais constituer un stock national de régulation. L’objectif est de réserver au moins 5 % des produits pétroliers acheminés vers les capacités nationales de stockage afin de disposer d’une réserve stratégique, tout en maintenant le retour des citernes vides et le rythme des approvisionnements.
Moussa Alassane Diallo s’est également félicité du renforcement du rythme de chargement des citernes en Côte d’Ivoire, qu’il considère comme un facteur déterminant dans l’amélioration de l’approvisionnement du marché malien.
La réunion a par ailleurs permis de faire le point sur la gestion des hydrocarbures dans les régions. Le ministre a indiqué que les dispositifs de traçabilité et de répartition du carburant, mis en place par le Comité de gestion des crises et catastrophes présidé par le Premier ministre, ont fait l’objet d’une évaluation. Si quelques difficultés de fonctionnement ont été relevées, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer l’efficacité du dispositif.
Du côté des opérateurs, le secrétaire général du Groupement professionnel des pétroliers (GPP), Bouréima Guindo, s’est réjoui du retour progressif à une situation normale. Selon lui, la plupart des stations-service sont désormais correctement approvisionnées, sans files d’attente, avec des quantités suffisantes d’essence et de gasoil.
Il a assuré que les professionnels poursuivent leurs efforts pour consolider cette dynamique en renforçant les approvisionnements à partir des points de chargement existants et en diversifiant les corridors d’approvisionnement, dans l’objectif de renforcer durablement la sécurité énergétique du Mali.
La constitution d’un stock national de régulation constitue désormais l’un des principaux leviers sur lesquels les autorités entendent s’appuyer pour mieux anticiper d’éventuelles tensions sur le marché et garantir la continuité de l’approvisionnement en hydrocarbures à l’échelle nationale.
RPM