Le Sénégal a officiellement décidé d’apporter son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’annonce, faite lundi par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, constitue une étape politique et diplomatique importante dans la campagne engagée par l’ancien chef de l’État pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achèvera le 31 décembre 2026.
Cette décision fait suite à la rencontre tenue le 17 juillet au Palais de la République entre Macky Sall et son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye. Selon le communiqué officiel, le chef de l’État sénégalais a décidé que « le Sénégal va apporter son plein soutien » à cette candidature, désormais portée par l’ensemble des institutions du pays.
Les autorités sénégalaises précisent que l’entretien s’est déroulé « dans un climat empreint de cordialité et de courtoisie républicaine », illustrant, selon elles, l’attachement du président Bassirou Diomaye Faye au dialogue, à la continuité de l’État et au rassemblement autour des intérêts supérieurs de la Nation. À l’issue de cette rencontre, le chef de l’État a instruit le gouvernement ainsi que l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pour promouvoir la candidature de Macky Sall auprès des États membres des Nations unies.
Avant même la publication de cette position officielle, l’ancien président avait réagi sur ses réseaux sociaux. Il y remerciait Bassirou Diomaye Faye pour un entretien qu’il a qualifié de « convivial et constructif », organisé dans le cadre de ses consultations internationales. Macky Sall a également indiqué que leurs échanges avaient porté sur « des enjeux majeurs du multilatéralisme contemporain », sans en préciser davantage le contenu.
Le soutien de Dakar intervient alors que l’ancien chef de l’État poursuit une intense campagne diplomatique destinée à rallier un maximum de partenaires à sa candidature. Après son passage dans la capitale sénégalaise, il s’est rendu à Banjul où il a été reçu par le président gambien Adama Barrow. Les discussions ont notamment porté sur les défis auxquels sont confrontées les Nations unies, en particulier les questions liées à la paix et à la sécurité internationales, aux droits de l’homme ainsi qu’au développement durable.
Cette offensive diplomatique s’est également déployée au-delà du continent africain. Macky Sall a récemment effectué une visite en Chine, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, avant de poursuivre ses consultations en Grèce avec le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis et le ministre grec des Affaires étrangères Giorgos Gerapetritis. À New York, au siège des Nations unies, il s’est entretenu avec plusieurs représentants permanents, notamment ceux de la Chine, des États-Unis et de la France, trois membres permanents du Conseil de sécurité appelés à jouer un rôle déterminant dans le processus de désignation.
La succession d’António Guterres est désormais entrée dans une phase décisive. Après les auditions publiques des candidats, le Conseil de sécurité devra mener ses consultations avant de recommander un nom à l’Assemblée générale des Nations unies, seule habilitée à procéder à la nomination du prochain secrétaire général.
Six personnalités sont officiellement en lice : Macky Sall, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi, la secrétaire générale de la CNUCED Rebeca Grynspan, l’ancienne présidente de l’Assemblée générale María Fernanda Espinosa et l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett.
En obtenant le soutien officiel de son pays, Macky Sall consolide un atout politique essentiel dans une compétition où les candidatures se construisent autant sur les équilibres diplomatiques que sur les parcours individuels. Reste désormais l’étape la plus sensible : convaincre les membres du Conseil de sécurité, dont les arbitrages détermineront l’identité de la personnalité appelée à diriger les Nations unies à partir de 2027.
RPM