La Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a lancé, le 6 mai 2026, la première cohorte du Programme d’accompagnement pour l’intégrité financière des PME (PAIF-PME), baptisé « PME Propre ». L’initiative a été présentée à l’occasion d’un forum consacré à la lutte contre la criminalité financière, dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à renforcer son dispositif de conformité et à sortir de la surveillance renforcée du Groupe d’Action Financière.
Selon Stéphane Aka-Anghui, directeur exécutif de la CGECI, cette première phase du programme concernera 100 petites et moyennes entreprises, avec une extension progressive envisagée à terme. Le dispositif vise à accompagner les entreprises dans l’adoption de pratiques conformes aux exigences de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le programme repose sur plusieurs axes, notamment la sensibilisation, les formations ciblées et un accompagnement personnalisé. Les entreprises participantes recevront des outils dédiés à l’identification des bénéficiaires effectifs et devront adhérer à une charte d’intégrité.
Pour le patronat ivoirien, les exigences de vigilance et de conformité ne constituent pas uniquement des contraintes réglementaires. Elles sont également perçues comme des instruments de sécurisation des transactions et de renforcement de l’attractivité économique, dans un environnement où les investisseurs accordent une attention croissante à la transparence financière.
Les PME représentent plus de 80 % du tissu productif national, mais elles restent souvent confrontées à des difficultés d’adaptation face à des procédures administratives et réglementaires jugées complexes. À travers « PME Propre », la CGECI entend réduire ce déficit d’accompagnement et diffuser une culture de conformité au sein du secteur privé.
Au-delà des entreprises concernées, l’enjeu est également lié à l’image de la place financière ivoirienne. Les autorités et les acteurs économiques espèrent qu’un renforcement des dispositifs de conformité contribuera à améliorer la crédibilité du système financier national.
Présente lors du forum, Blanche Esso Abanet, présidente du Pôle pénal économique et financier, a rappelé que la sensibilisation s’accompagne d’une politique de répression. Depuis sa création en 2020, le PPEF indique avoir traité 1 964 procédures et rendu 819 jugements. Les autorités judiciaires font également état de 15 milliards de FCFA saisis sur des comptes bancaires depuis 2022, ainsi que de dizaines d’immeubles et de véhicules placés sous saisie.
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