La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a obtenu la note « BBB+ » avec une perspective stable de la part de Standard & Poor’s Global Ratings le 11 juin 2026. Cette évaluation, qui correspond à la catégorie « investment grade », intervient près de douze ans après la dernière notation de l’institution par l’agence américaine.
Dans son analyse, Standard & Poor’s met en avant les performances d’Afreximbank en tant que prêteur contracyclique ainsi que le soutien important dont elle bénéficie de la part de ses actionnaires. L’agence souligne également la croissance soutenue de la banque au cours de la dernière décennie. Selon les données citées dans son rapport, le total des actifs d’Afreximbank est passé de 7,1 milliards de dollars en 2015 à 42,3 milliards de dollars à fin 2024.
Cette notation se situe un niveau au-dessus de la note Baa2 attribuée par Moody’s. Elle intervient également quelques mois après les tensions ayant opposé Afreximbank à Fitch Ratings. La banque avait alors contesté l’analyse de l’agence, l’accusant d’avoir mal interprété sa mission à la suite d’une dégradation de sa notation en catégorie spéculative.
Au cœur du différend figurait notamment la question du rôle d’Afreximbank dans les restructurations de dette du Ghana et de la Zambie. Fitch estimait que la structure de l’actionnariat de la banque, composée à la fois d’investisseurs publics et privés, ne lui permettait pas de bénéficier pleinement du statut de créancier privilégié généralement accordé aux institutions financières multilatérales telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
Standard & Poor’s a adopté une approche différente. L’agence indique ne pas avoir intégré la question du statut de créancier privilégié dans son évaluation, estimant que près de 80 % des prêts accordés par Afreximbank sont destinés à des acteurs du secteur privé. Cette analyse l’a conduite à privilégier d’autres facteurs, notamment la qualité du modèle d’affaires de la banque et sa capacité à soutenir les économies africaines dans des contextes difficiles.
L’agence reconnaît toutefois que l’établissement a été confronté ces dernières années à des retards de paiement prolongés liés aux difficultés financières rencontrées par certains États africains. Les défauts de paiement et les restructurations de dette observés au Ghana et en Zambie ont notamment affecté certaines expositions de la banque.
Afreximbank avait annoncé en décembre 2024 être parvenue à un accord avec le Ghana concernant un prêt de 750 millions de dollars. En revanche, aucune solution définitive n’avait encore été trouvée avec la Zambie. Standard & Poor’s souligne d’ailleurs que de nouvelles restructurations de dettes souveraines sur le continent pourraient continuer à exercer une pression sur la qualité des actifs de l’institution.
Malgré ces risques, la note attribuée par Standard & Poor’s constitue un signal positif pour Afreximbank, qui poursuit son développement en tant qu’acteur majeur du financement du commerce et de l’investissement en Afrique.
RPM