La classification des risques pays publiée par l’OCDE le 30 janvier 2026 maintient le Sénégal au niveau 7, soit la catégorie la plus élevée de l’échelle de risque. Une décision qui continue de limiter l’accès du pays aux garanties et prêts concessionnels des agences publiques de crédit à l’exportation des pays membres de l’Union européenne et de l’OCDE. Si cette notation réduit certaines options de financement, Dakar conserve néanmoins plusieurs alternatives pour soutenir ses projets structurants.
Un système de notation déterminant pour les financements à l’export
L’OCDE établit chaque année une échelle de risque allant de 0 à 7, utilisée comme référence par les agences de crédit à l’exportation telles que Bpifrance en France, Euler Hermes en Allemagne ou encore SACE en Italie. Ces institutions garantissent les exportations de leurs entreprises vers les marchés émergents et fixent leurs conditions d’intervention en fonction de cette classification.
Au niveau 7, les primes d’assurance sont les plus élevées, ce qui renchérit fortement le coût des opérations. Dans ce contexte, la mobilisation de garanties publiques européennes devient plus complexe, notamment pour financer des équipements énergétiques, médicaux ou industriels en provenance d’Europe.
Un statu quo malgré des évolutions politiques et économiques
Le maintien du Sénégal dans cette catégorie traduit une absence d’évolution par rapport à la précédente évaluation. Ni l’alternance politique intervenue en 2024, ni le démarrage des productions pétrolières n’ont, pour l’instant, modifié l’appréciation des analystes de l’OCDE.
Selon les observateurs, les experts attendent des signaux plus tangibles sur l’amélioration des fondamentaux macroéconomiques : réduction du déficit budgétaire, stabilisation de la dette publique et consolidation des réserves de change. La perception du risque souverain repose moins sur les annonces que sur la capacité du pays à démontrer une gestion durable de ses nouvelles ressources.
Un positionnement moins favorable que certains voisins
Comparé à certains pays de la région, le Sénégal affiche un profil de risque plus élevé. Le Maroc, classé niveau 3, et la Côte d’Ivoire, positionnée au niveau 5, bénéficient d’un accès plus fluide aux mécanismes de financement européens, avec des coûts d’emprunt nettement inférieurs. Cet écart se traduit par plusieurs points de pourcentage sur les taux d’intérêt appliqués aux projets financés.
Pour autant, le pays ne se retrouve pas isolé sur le plan financier. Les ressources multilatérales, notamment celles de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, ainsi que les partenariats bilatéraux avec la Chine, la Turquie ou encore les pays du Golfe, continuent de soutenir les investissements en infrastructures, même si les conditions d’accès diffèrent des guichets européens.
Les revenus pétroliers au cœur des attentes pour 2027
La prochaine révision de la classification, attendue début 2027, pourrait constituer un tournant. L’intégration transparente des revenus pétroliers et gaziers dans les comptes publics, associée à une amélioration visible des indicateurs budgétaires, pourrait favoriser un reclassement.
Un passage du niveau 7 au niveau 6 ne transformerait pas immédiatement l’accès aux financements, mais enverrait un signal positif aux marchés et aux partenaires financiers. D’ici là, le Sénégal poursuit sa stratégie d’investissement en s’appuyant sur les sources disponibles, tout en cherchant à renforcer la confiance des investisseurs internationaux.