Une nouvelle étape a été franchie dans l’intégration numérique ouest-africaine avec l’activation officielle du free roaming entre le Sénégal, le Togo et le Bénin, le 24 avril 2026 à Lomé.
À travers leurs autorités nationales de régulation, les trois États mettent ainsi en œuvre le règlement communautaire de la CEDEAO relatif à l’itinérance sur les réseaux mobiles.
Sont impliquées dans ce dispositif l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes, l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes et l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste.
Le mécanisme introduit plusieurs avantages concrets pour les abonnés en déplacement dans l’un des trois pays partenaires. Les usagers pourront désormais recevoir gratuitement leurs appels pendant une période de 30 jours consécutifs lorsqu’ils se trouvent en itinérance.
Les communications sortantes, notamment les appels vocaux et les SMS, seront facturées au tarif local appliqué dans le pays visité. Cette mesure met fin aux surcoûts généralement associés au roaming international.
Les services de données mobiles bénéficieront également de tarifs préférentiels négociés entre les opérateurs. Par ailleurs, les surtaxes sur le trafic international entrant et sur l’itinérance entre les trois pays ont été supprimées, afin d’améliorer l’accessibilité et la transparence des services.
Au-delà des avantages tarifaires, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de l’intégration régionale. Elle vise à fluidifier les communications transfrontalières, faciliter la mobilité des citoyens et renforcer la compétitivité des entreprises opérant dans l’espace communautaire.
La signature des protocoles d’accord entre les régulateurs, en présence de la représentation diplomatique sénégalaise à Lomé, traduit la volonté des États concernés d’harmoniser leurs cadres réglementaires et de promouvoir une connectivité inclusive.
Dans cette dynamique, le Sénégal entend jouer un rôle moteur. L’ARTP a affiché son ambition d’étendre progressivement ce mécanisme à d’autres pays de la CEDEAO encore en phase transitoire, à travers des accords bilatéraux ou multilatéraux.
À terme, le roaming communautaire est perçu comme un levier stratégique d’intégration socioéconomique, capable de stimuler les échanges, d’encourager l’innovation et d’accompagner la transformation digitale de la sous-région.
Les autorités de régulation ont également identifié plusieurs axes de coopération future, notamment la régulation des services OTT, le développement des technologies satellitaires, la co-régulation du secteur et la lutte contre la fraude dans les communications électroniques.