Réunis le 17 avril 2026 à Washington, les ministres membres du Groupe d’action financière (GAFI) ont réaffirmé leur engagement à intensifier la lutte contre la finance illicite à travers une coopération multilatérale renforcée. La rencontre, organisée en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a permis de dégager deux priorités majeures : la lutte contre la fraude et le renforcement d’une mise en œuvre effective des standards fondée sur les risques.
Dans leur déclaration commune, les ministres ont souligné les effets corrosifs de la finance illicite sur les économies et les institutions. Blanchiment de capitaux, financement du terrorisme, prolifération des armes de destruction massive et criminalité financière continuent, selon eux, de fragiliser la sécurité internationale, d’éroder la confiance dans les institutions publiques et de freiner la croissance durable.
L’essor de la fraude financière a occupé une place centrale dans les discussions. Les membres du GAFI ont décidé de mobiliser l’ensemble des outils disponibles pour perturber les réseaux criminels, en ciblant notamment les centres d’escroquerie organisés, l’usage abusif des personnes morales, les actifs virtuels et les détournements liés aux technologies émergentes, y compris l’intelligence artificielle.
Autre axe fort : l’application renforcée de l’approche fondée sur les risques, considérée comme la pierre angulaire des recommandations du GAFI. Cette méthode vise à concentrer les ressources publiques et privées sur les menaces les plus significatives, plutôt que d’imposer des contrôles uniformes. Un principe désormais central dans les politiques modernes de conformité.
La présidente du GAFI, Elisa de Anda Madrazo, a défendu cette orientation en soulignant que la gestion intelligente des risques permet de protéger non seulement les systèmes financiers, mais aussi les populations exposées aux conséquences de la criminalité économique.
Les ministres ont également soutenu une innovation responsable dans la finance. Ils ont salué la révision des normes du GAFI relatives à la transparence des paiements, destinée à renforcer la sécurité des transactions transfrontalières, tout en encourageant la poursuite des travaux sur les paiements numériques et les nouveaux risques technologiques.
Enfin, les États membres se sont engagés à montrer l’exemple en appliquant rapidement les standards internationaux et en se soumettant à des évaluations mutuelles rigoureuses. Ces examens par les pairs demeurent l’un des principaux leviers du GAFI pour mesurer l’effectivité des réformes nationales.
À l’heure où la criminalité financière se mondialise et se digitalise, cette réunion de Washington confirme la volonté du GAFI de conserver un rôle central dans la défense de l’intégrité du système financier international. La prochaine réunion ministérielle est attendue en 2028.