Le gouvernement béninois a réaffirmé, à l’issue du Conseil des ministres du 3 juin 2026, sa prévision de croissance économique de 7,5 % pour l’année en cours, malgré un environnement international marqué par de fortes incertitudes. Cette position intervient alors que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans ses Perspectives économiques publiées le même jour, alerte sur un ralentissement de l’activité mondiale sous l’effet des tensions géopolitiques, de la hausse des prix de l’énergie et du retour des pressions inflationnistes.
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait s’établir à 2,8 % en 2026 contre 3,4 % l’année précédente. L’organisation identifie notamment les tensions persistantes au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les marchés énergétiques comme l’un des principaux facteurs de risque pour l’économie mondiale. Pour le Bénin, dont l’économie demeure ouverte aux échanges internationaux et dépendante de certaines importations stratégiques, une hausse durable des cours du pétrole pourrait avoir des conséquences directes sur les coûts de transport, les charges des entreprises et le niveau général des prix.
Les inquiétudes concernent également le secteur agricole. Les marchés internationaux des engrais restent sensibles aux évolutions géopolitiques et aux fluctuations du prix du gaz naturel, un intrant essentiel à leur production. Une augmentation des coûts d’approvisionnement pourrait affecter plusieurs filières agricoles stratégiques. Pour limiter ces effets, le gouvernement a prévu dans sa loi de finances rectificative la poursuite des subventions aux intrants agricoles. Ces mesures concernent notamment les filières riz, coton, soja et cajou dans le cadre de la campagne agricole 2026-2027, avec pour objectif de soutenir les revenus des producteurs et de sécuriser l’approvisionnement des unités de transformation locales.
L’OCDE met également en garde contre une possible résurgence de l’inflation mondiale. Bien que le Bénin ait enregistré une inflation maîtrisée de 1,1 % en 2025, une hausse prolongée des prix de l’énergie et des biens importés pourrait exercer de nouvelles pressions sur le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce contexte, le gouvernement devra concilier protection des consommateurs et préservation des équilibres budgétaires. Les autorités se montrent néanmoins confiantes, estimant que l’économie nationale continuera de faire preuve de résilience grâce à la solidité de ses fondamentaux macroéconomiques.
Cette confiance repose notamment sur la poursuite des investissements publics, le développement des infrastructures, les performances du secteur agricole, le dynamisme des services ainsi que la montée en puissance de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Toutefois, le ralentissement du commerce mondial et l’éventuel durcissement des conditions de financement internationales pourraient peser sur la mobilisation des ressources budgétaires et sur l’exécution des ambitions économiques du pays. Dans ce contexte, le maintien d’une croissance de 7,5 % constituera l’un des principaux défis du gouvernement de Romuald Wadagni au cours des prochains mois.
RPM